Au Sénégal, l’annonce du retour des visas pour les citoyens de certains pays a suscité une vive contestation au sein des milieux sociaux, politiques et économiques. Les partisans de la libre circulation des personnes et les professionnels des secteurs touchés, tels que le tourisme et le commerce, se mobilisent pour dénoncer une mesure qu’ils jugent injuste et contre-productive.
Les acteurs économiques, échaudés par l’expérience désastreuse de 2013-2015, se mobilisent activement pour faire avorter cette initiative. Selon le magazine panafricain, une coalition regroupant les opérateurs du tourisme et le patronat sénégalais mène actuellement un lobbying intense auprès des plus hautes autorités de l’État, ciblant aussi bien le Premier ministre que la ministre des Affaires étrangères Yassine Fall et le président Bassirou Diomaye Faye.
« Nous ne sommes pas dans le secret des dieux, et nous avons appris la mesure comme tous les Sénégalais », confie à JA un acteur économique de premier plan, qui exige des « véritables concertations » avant toute décision. Cette réaction traduit l’inquiétude d’un secteur touristique qui représente 7% du PIB national et qui garde en mémoire l’échec cuisant de la précédente tentative.
Les secteurs économiques inquiets
Le secteur touristique sénégalais est particulièrement inquiet. « Les nouvelles exigences en matière de visa risquent de freiner l’afflux de touristes en provenance de nos principaux marchés « , déplore un représentant de la Fédération nationale de l’hôtellerie et du tourisme. Les échanges commerciaux pourraient également être affectés. Des entrepreneurs redoutent des délais prolongés et des coûts supplémentaires pour obtenir les autorisations nécessaires.
Quels enjeux pour l’avenir ?
Ce retour des visas pourrait avoir des conséquences durables sur les relations diplomatiques entre le Sénégal et les pays concernés. Les analystes avertissent que des mesures de réciprocité pourraient être adoptées, compliquant davantage les échanges internationaux.
Dans ce contexte tendu, la fronde contre le retour des visas semble encore loin de s’essouffler. Les semaines à venir seront déterminantes pour mesurer l’évolution de ce bras de fer entre la contestation populaire et les autorités.
Boudal NDIATH