Le Sénégal envisage de revoir les conditions d’octroi de visas aux étrangers souhaitant entrer sur son territoire. Cette décision fait suite aux multiples obstacles rencontrés par les Sénégalais pour l’obtention de visas, notamment en direction de l’Europe. L’annonce a été faite mardi à Dakar par Yassine Fall, ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, à l’issue du dialogue de partenariat annuel entre le Sénégal et l’Union européenne.
« Nous allons examiner la réciprocité des visas parce que nous estimons qu’il y a beaucoup de défis auxquels sont confrontés les Sénégalais pour obtenir des visas, surtout pour aller en Europe », a déclaré Mme Fall. Elle a dénoncé les délais excessifs pour la délivrance des visas, leurs coûts prohibitifs, ainsi que la pratique de rétention prolongée des passeports par certaines ambassades.
Face à cette situation, le gouvernement sénégalais souhaite garantir un traitement équitable à ses citoyens. « Nous devons améliorer l’accès des Sénégalais aux visas d’entrée, pas seulement en Europe, mais dans de nombreux pays partenaires », a souligné la ministre.
Dans le cadre des discussions, Jean-Marc Pisani, ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal, a mis l’accent sur les programmes de migration circulaire, un sujet central des échanges.
« De nombreux États membres de l’Union européenne disposent de programmes de migration circulaire, qui offrent des opportunités gagnant-gagnant », a expliqué M. Pisani. Ces initiatives permettent aux migrants de recevoir une formation professionnelle et d’acquérir de l’expérience avant de retourner dans leur pays d’origine pour y contribuer au développement.
L’Union européenne collabore étroitement avec le Sénégal pour mettre en œuvre ces programmes. « Cette approche globale inclut la gestion de la migration circulaire et la prévention de la migration irrégulière », a précisé l’ambassadeur européen.
En réclamant une réciprocité des visas, le Sénégal affiche une volonté de défendre les intérêts de ses citoyens tout en renforçant une coopération équilibrée avec ses partenaires internationaux. Cette démarche ouvre la voie à une gestion plus équitable des mobilités internationales, dans une dynamique de respect mutuel et d’équité.
Boudal NDIATH