Le programme de migration circulaire entre le Sénégal et l’Espagne, conçu pour offrir des opportunités de travail saisonnier aux Sénégalais, est actuellement au centre de préoccupations majeures en raison de conditions de travail jugées inacceptables. Des rapports récents indiquent que des travailleurs sénégalais, recrutés dans le cadre de ce programme, subissent une surexploitation dans les champs espagnols, notamment à Albacete.
Selon Alassane Gueye, président de l’association Projet du Sud basée en Espagne, ces travailleurs font face à des tâches pénibles, des conditions d’hygiène déplorables et perçoivent des indemnités dérisoires. Il souligne que les Espagnols refusent généralement d’effectuer ces travaux agricoles, laissant les Sénégalais subir des conditions inhumaines, parfois sans même un toit pour dormir, les obligeant à passer leurs nuits à la belle étoile.
En mai 2024, 145 jeunes Sénégalais sont arrivés en Espagne dans le cadre de ce programme. Ils ont rapporté travailler plus de 10 heures par jour pour un salaire inférieur à 200 euros après 18 jours de labeur, ce qui constitue une violation du code du travail espagnol. Cette situation a entraîné des tensions, menant à l’arrestation du responsable de l’entreprise Frutalinda et d’un compatriote sénégalais, accusés de mauvaise gestion et de non-paiement des salaire
Face à ces allégations, les autorités sénégalaises ont été interpellées pour enquêter sur les conditions de travail de leurs ressortissants en Espagne. Le Consul général du Sénégal prévoit de se rendre à Albacete pour évaluer personnellement la situation.
Bien que le programme de migration circulaire offre des opportunités d’emploi et la possibilité de régulariser la situation administrative des travailleurs, ces incidents soulignent la nécessité d’une meilleure supervision et d’une transparence accrue dans sa mise en œuvre. Il est essentiel que les autorités sénégalaises et espagnoles collaborent étroitement pour garantir des conditions de travail décentes et protéger les droits des travailleurs migrants.
Babacar Touré