Le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance Pour la République (APR) a tenu une réunion le jeudi 20 mars 2025 à Dakar pour discuter des questions d’actualité nationale. Parmi les points abordés, la proposition de loi interprétative sur l’amnistie a particulièrement suscité l’indignation du parti, qui a annoncé une mobilisation citoyenne pour s’opposer à cette révision législative.
Dans un communiqué, le SEN a réaffirmé son soutien à la loi d’amnistie portée initialement par le Président Macky Sall en mars 2024. Votée par les députés de l’APR, cette loi, selon le parti, visait à promouvoir le pardon, à apaiser l’espace public et à favoriser une réconciliation nationale. Le texte, considéré comme un élément clé pour restaurer la paix sociale et garantir une élection présidentielle pacifique et inclusive, a été défendu par l’APR face à la proposition du Pastef de revenir sur cette loi.
Le SEN dénonce ce retour en arrière qu’il qualifie d’interprétation « tendancieuse et politicienne » et accuse le Pastef de vouloir diviser les Sénégalais. Selon l’APR, cette tentative de révision vise à rompre l’égalité entre citoyens. Le parti a ainsi appelé le Pastef à abroger purement et simplement la loi, plutôt que de s’engager dans ce qui est perçu comme une « machination grossière ».
Pour contrer cette initiative, le SEN a annoncé une manifestation pacifique prévue pour le 2 avril devant l’Assemblée nationale. L’objectif est de rejeter la révision de la loi d’amnistie, perçue comme une menace pour la stabilité du pays et une tentative d’absoudre les responsables de violences politiques, tout en ciblant les Forces de Défense et de Sécurité. Le parti a exprimé son soutien aux forces de l’ordre, soulignant leur rôle dans le maintien de l’ordre tout en respectant les principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité face aux « velléités insurrectionnelles ».
L’APR, fière de l’« acquis du pardon et de l’oubli » issu du dialogue national, entend ainsi faire barrage à cette révision législative, qu’elle qualifie de « loi scélérate ». Le SEN prévoit également de soumettre l’idée d’une manifestation nationale au Front Démocratique pour la République (FDR), plateforme de l’opposition, pour dénoncer cette initiative législative et les « dérives dictatoriales » du régime en place.
Boudal NDIATH