Depuis sa défaite à la dernière présidentielle, Amadou Ba adopte une posture qui suscite de nombreuses interrogations. L’ancien Premier ministre et candidat malheureux de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY) semble éviter toute confrontation avec le nouveau régime dirigé par le tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko. S’agit-il d’une stratégie réfléchie ou d’un aveu de faiblesse ?
Une prise de parole qui interroge
Lors de la fête de la Korité, Amadou Ba a réagi aux critiques sur son absence du débat politique en déclarant : « Laissons le gouvernement travailler. Il y a un temps pour la politique et un autre pour le travail. » Cette déclaration, en apparence anodine, a été perçue comme une manière d’éviter d’attaquer directement le nouveau pouvoir. Certains y voient une tentative de rester sous les radars et de reconstruire son influence politique discrètement.
Une opposition en retrait
Alors que ses partisans attendaient qu’il incarne la nouvelle opposition, Amadou Ba reste silencieux face aux critiques du régime actuel contre l’ancien pouvoir. Contrairement à d’autres figures de l’Alliance pour la République (APR) qui dénoncent ouvertement la « traque » des anciens dignitaires, il semble choisir une position de retrait. Même dans des dossiers sensibles, comme la levée de l’immunité parlementaire de son ancien allié Farba Ngom, il s’est abstenu de prendre position.
Prudence ou pacte tacite avec le pouvoir ?
Ce silence alimente plusieurs spéculations. Certains analystes pensent qu’Amadou Ba cherche à éviter des poursuites judiciaires, notamment dans l’affaire des 94 milliards de francs CFA évoquée par Ousmane Sonko. D’autres estiment qu’il entretient secrètement des relations avec le nouveau régime, une suspicion renforcée par des rumeurs d’affinités passées avec certains cadres du parti Pastef.
Cependant, cette posture comporte des risques. Si son objectif est d’éviter les représailles et de préparer un retour politique à long terme, il pourrait se heurter à une méfiance grandissante, aussi bien au sein de l’opposition que du pouvoir en place.
Une communication maladroite
La récente prise de parole d’Amadou Ba n’a pas convaincu. Ses partisans peinent à défendre sa position face aux critiques, et sa réserve est interprétée comme un manque de leadership. Loin de clarifier son rôle dans l’opposition, il donne l’impression d’un homme politique hésitant, pris entre le désir de préserver son avenir et la crainte de représailles.
Au final, Amadou Ba semble vouloir éviter une guerre ouverte avec le régime de Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Mais en adoptant cette stratégie du silence, ne risque-t-il pas de perdre définitivement son statut de leader politique ?
Boudal NDIATH