Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi, Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu, a lancé un message fort à l’attention de ses collègues de l’opposition, notamment Ousmane Sonko et El Malick Ndiaye.
« C’est inédit de voir l’ensemble de l’opposition parlementaire faire bloc, parler d’une seule voix et agir ensemble face à la crise actuelle. Ce qui nous unit aujourd’hui, c’est le sentiment d’un péril imminent qui plane sur notre pays », a-t-elle affirmé.
Selon elle, l’Assemblée nationale risque de perdre toute légitimité si elle cesse de jouer son rôle fondamental dans le fonctionnement de la démocratie : « Si l’Assemblée, comme la rue, s’effondre, si elle devient une simple caisse de résonance de l’exécutif, si elle est réduite à une formalité vidée de son sens, alors nous serons tous responsables de cette dérive. »
C’est dans cette optique qu’elle dit vouloir interpeller la population : « C’est pourquoi nous avons choisi de placer le peuple face à ses responsabilités. »
Cet avertissement vise à remettre en question les méthodes et les positions de certains leaders de l’opposition, dans une période particulièrement tendue pour la démocratie sénégalaise.
Cette prise de position fait suite au dépôt d’un recours en inconstitutionnalité contre la loi n° 08/25, adoptée le 2 avril 2025, qui porte sur l’interprétation de la loi d’amnistie. Au total, 23 députés ont signé cette requête adressée au Conseil constitutionnel, réclamant l’annulation de ladite loi. Selon eux, cette législation constitue un « forcing » de la part du Pastef, qui imposerait sa volonté grâce à sa majorité parlementaire.
Boudal NDIATH