Réunis à Dakar à l’occasion du dixième anniversaire de la Déclaration sur l’irrigation au Sahel, les gouvernements du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Tchad ont lancé un appel urgent pour renforcer les investissements dans l’irrigation, avec pour objectif de maîtriser l’eau sur un million d’hectares d’ici 2035.
Au terme de trois jours d’échanges, les ministres ont adopté une nouvelle Déclaration de Dakar. Celle-ci met l’accent sur une irrigation plus efficace, durable et résiliente, dans un contexte mondial marqué par la multiplication des crises — qu’elles soient climatiques, sanitaires, économiques ou géopolitiques.
« La souveraineté alimentaire est à notre portée grâce à nos ressources en eau, nos terres et les technologies d’irrigation disponibles », a déclaré Dr Abdoulaye Mohamadou, Secrétaire Exécutif du CILSS.
Bien que les surfaces irriguées aient augmenté de 285 000 hectares en dix ans, l’objectif initial n’a pas été atteint, d’où la nécessité d’accélérer la dynamique. Les États ont ainsi défini sept axes d’investissement prioritaires, incluant notamment l’appui aux programmes nationaux, l’irrigation menée par les agriculteurs, la diversification des sources d’eau, et une meilleure gouvernance des systèmes irrigués.
Le Forum a également souligné l’importance des partenariats entre États, bailleurs, chercheurs et secteur privé. « L’irrigation durable doit devenir le socle de la transformation agricole au Sahel », a affirmé Dr Mabouba Diagne, ministre sénégalais de l’Agriculture.
Enfin, les participants ont convenu de renforcer la coopération régionale pour harmoniser les normes et les stratégies, moderniser les infrastructures existantes et suivre ensemble les progrès vers la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté dans la région.