La récente déclaration du ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a suscité un grand espoir, mais aussi beaucoup de confusion. Certains médias et internautes ont cru comprendre qu’une baisse immédiate du prix du kilowattheure (kWh) était annoncée, passant de 117 FCFA à 60 FCFA. Pourtant, la réalité est plus nuancée.
Ce que le ministre a réellement dit
Lors d’une intervention sur la Radio nationale, le 6 avril 2025, le ministre a expliqué que l’objectif est d’abaisser le coût du kWh à 60 FCFA. Mais il a précisé que cette diminution interviendra après plusieurs réformes structurelles dans le secteur énergétique, comme le rappelle le site de vérification Africa Check.
Un objectif inscrit dans une stratégie de long terme
La promesse s’inscrit dans l’Agenda National de Transformation – Sénégal 2050, lancé en octobre 2024. Ce plan prévoit une baisse progressive :
- Moins de 80 FCFA/kWh d’ici 2034 ;
- Moins de 60 FCFA/kWh d’ici 2050.
Cependant, le Premier ministre Ousmane Sonko a affirmé devant l’Assemblée nationale le 14 avril 2025 vouloir atteindre cet objectif dans les cinq ans, ce qui montre une volonté politique d’accélérer la transition.
Pourquoi cette baisse n’est pas pour tout de suite
Selon les experts cités par Africa Check :
- Les réformes ont été initiées dès 2014 avec le Plan Sénégal Émergent (PSE) ;
- Les objectifs ont été retardés par la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine ;
- La transformation énergétique repose sur le gaz domestique, le solaire, et la modernisation des infrastructures ;
- La production de gaz naturel a débuté en février 2025 (site de Grand Tortue Ahmeyim), mais les investissements nécessaires retardent l’impact immédiat sur les prix.
Malick Ndaw, consultant en énergie, rappelle que des machines performantes et une exploitation optimale du gaz sont indispensables avant de ressentir une baisse significative des tarifs.
Les mesures envisagées
Pour atteindre ses objectifs, le gouvernement prévoit :
- Conversion de centrales fonctionnant au fioul vers le gaz ;
- Développement de centrales solaires ;
- Négociations avec les fournisseurs d’énergie.
Ces projets sont basés sur des études déjà achevées, selon le ministre.
La promesse d’une électricité à 60 FCFA/kWh est bien réelle, mais elle ne se concrétisera ni immédiatement, ni sans obstacles. Il s’agit d’un objectif à moyen voire long terme, sauf avancées majeures inattendues dans la transformation énergétique du pays.