Un homme présenté comme un ressortissant sénégalais combattant pour l’armée russe a été capturé par les forces ukrainiennes sur la ligne de front de Toretsk, dans la région de Donetsk, à l’est de l’Ukraine. L’annonce a été faite mercredi par le 49e bataillon d’assaut séparé ukrainien « Sich des Carpates », via une vidéo publiée sur sa page Facebook.
Dans cette séquence consultée par BBC Afrique, l’on voit un homme noir, vêtu d’un uniforme militaire russe, interrogé par des soldats ukrainiens. Visiblement exténué, il affirme être originaire du Sénégal et avoir vécu en Russie pendant deux ans en tant qu’étudiant.
Recrutement contre rémunération
Selon les déclarations rapportées par les médias ukrainiens, l’homme aurait envisagé de quitter la Russie pour rejoindre l’Allemagne. Ne disposant pas des moyens financiers nécessaires, il aurait finalement accepté de s’engager aux côtés des troupes russes en échange d’une rémunération.
Au moment de son arrestation, il a confié avoir redouté d’être exécuté par les soldats ukrainiens. Ces derniers lui auraient néanmoins simplement intimé l’ordre de se rendre.
Aucune pièce d’identité n’a été retrouvée sur lui, ce qui empêche pour l’heure de confirmer de manière formelle son identité ou sa nationalité. Des démarches ont été entreprises auprès du ministère sénégalais des Affaires étrangères ainsi qu’auprès de l’ambassade d’Ukraine au Sénégal, mais aucune confirmation officielle n’a encore été obtenue.
Une présence africaine sous les projecteurs
L’homme, légèrement blessé à la jambe, a reçu des soins médicaux avant d’être évacué hors de la zone de combat, précise la même source.
Ce cas ravive les interrogations autour de la présence croissante de ressortissants africains dans les rangs de l’armée russe, souvent attirés par des promesses financières ou pris dans des situations de vulnérabilité sociale et migratoire. Plusieurs ONG de défense des droits humains alertent depuis des mois sur le recrutement de migrants ou d’étudiants africains en Russie, parfois sans qu’ils en mesurent pleinement les implications.
Boudal NDIATH