Ce sommet annoncé et la stratégie en six axes représentent un changement de paradigme dans la politique africaine des États-Unis sous Donald Trump. Alors que le continent africain devient un terrain de compétition accru entre grandes puissances – notamment la Chine, la Russie, la Turquie, l’Inde et les États du Golfe – Washington semble vouloir rattraper son retard en réaffirmant sa volonté de bâtir des partenariats économiques solides et équilibrés.
Ce renouveau dans l’approche américaine tranche avec le passé récent : peu de visites présidentielles, un manque d’intérêt visible, et une vision souvent réduite de l’Afrique comme zone de crises. En misant désormais sur la diplomatie économique, les États-Unis espèrent non seulement dynamiser leurs propres échanges commerciaux, mais aussi renforcer la crédibilité de leur présence stratégique sur un continent où les jeunes générations, l’innovation et les ressources naturelles jouent un rôle central dans les équilibres futurs.
La réussite de ce sommet pourrait donc être un test crucial pour la crédibilité de l’administration Trump, et plus largement, pour la redéfinition des relations Afrique–États-Unis sur des bases plus égalitaires, durables et centrées sur les opportunités plutôt que sur les urgences.
Un retour au modèle Obama
Ce rendez-vous diplomatique s’inscrit dans la lignée des initiatives lancées par Barack Obama, qui avait tenu deux sommets Afrique-USA en 2014 et 2016. Donald Trump, de son côté, n’avait jamais organisé de sommet similaire lors de son premier mandat, marquant un désintérêt pour le continent. C’est Joe Biden qui avait renoué avec cette tradition en décembre 2022.
Une stratégie en six axes pour renforcer les liens économiques
Fitrell a également dévoilé une stratégie américaine en six points visant à renforcer les échanges économiques avec le continent, alors que l’Afrique représente moins de 1 % du commerce extérieur des États-Unis :
- Priorité à la diplomatie économique, avec des ambassadeurs évalués sur leur capacité à faciliter les affaires.
- Réformes de marché ciblées dans les pays prioritaires, en lien avec le secteur privé.
- Investissements dans des infrastructures durables pour attirer le capital privé.
- Multiplication des missions de diplomatie commerciale, comme celle en cours en Côte d’Ivoire.
- Connexion directe des PME américaines aux opportunités en Afrique.
- Réforme des programmes commerciaux américains, pour plus de rapidité et de prise de risque.
Reconnaissant les lenteurs bureaucratiques de Washington face à des concurrents comme la Chine, Fitrell promet :
« Cela change dès maintenant. »
Boudal NDIATH