À l’occasion du 55e anniversaire du quotidien Le Soleil, célébré ce 20 mai 2025, une réflexion profonde sur l’avenir du journalisme a été menée lors d’un panel portant sur les mutations du paysage médiatique sénégalais. Mamadou Ndiaye, directeur du Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI), y a livré une prise de position claire sur l’intelligence artificielle (IA) et son impact sur le métier de journaliste.
Dans un contexte où l’IA s’impose progressivement dans les rédactions du monde entier, Mamadou Ndiaye a tenu à rappeler une évidence essentielle : la technologie ne doit pas éclipser l’humain. « L’intelligence artificielle peut aider à décrypter des situations, générer des articles ou produire des résumés, mais elle ne saurait remplacer le talent, l’intuition et l’expérience du journaliste », a-t-il affirmé devant un parterre d’acteurs des médias et d’étudiants en journalisme.
Pour le directeur du CESTI, la véritable richesse du journalisme réside dans la capacité à poser un regard critique sur les faits, à contextualiser l’information et à en restituer le sens avec rigueur et éthique — des qualités que les machines, aussi performantes soient-elles, ne peuvent entièrement reproduire.
Un outil, pas une alternative
Tout en reconnaissant les avancées offertes par l’IA, Mamadou Ndiaye insiste sur l’importance d’en faire un outil au service du journalisme. « Les médias doivent exploiter l’IA de manière stratégique, notamment pour mieux cerner les attentes du public, identifier les sujets qui intéressent les Sénégalais ou encore gagner en efficacité dans le traitement de l’information. Mais cette technologie ne doit jamais devenir une fin en soi », a-t-il martelé.
Boudal NDIATH