Le malaise grandit dans les rangs des docteurs en spécialisation au Sénégal. Utilisés comme des piliers du fonctionnement quotidien dans les hôpitaux publics, ces médecins en formation avancée dénoncent une situation de précarité qui ne cesse de s’aggraver. Ce mercredi, ils ont tenu un point de presse à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) pour faire entendre leur voix et annoncer un mot d’ordre de grève de 72 heures.
Ces jeunes médecins, en plein parcours de spécialisation, estiment être traités comme une main-d’œuvre invisible. Ils pointent du doigt l’absence de statut juridique clair les encadrant, malgré leur rôle central dans la prise en charge des patients. « Nous faisons le gros du travail dans les hôpitaux : consultations, gardes, interventions chirurgicales, mais sans reconnaissance ni rémunération à la hauteur de nos efforts », a dénoncé l’un d’eux lors du point de presse.
Les revendications ne s’arrêtent pas là. Les conditions de travail, notamment pour les femmes, sont également mises en cause. Plusieurs docteures spécialisantes affirment ne bénéficier d’aucun congé maternité, ce qui aggrave leur sentiment de marginalisation dans le système hospitalier.
Face à ce qu’ils considèrent comme une forme d’exploitation silencieuse, les docteurs en spécialisation ont décidé de hausser le ton. Leur grève de 72 heures, annoncée à l’UCAD, vise à alerter les autorités sanitaires et à réclamer des mesures urgentes pour régulariser leur situation.
Ils appellent à l’ouverture immédiate de négociations pour définir un statut légal, garantir des droits sociaux fondamentaux, notamment les congés maternité, et revaloriser leur rémunération. En attendant, les hôpitaux du pays risquent de fonctionner au ralenti pendant les prochains jours.
Boudal NDIATH