Face à une grève qui paralyse la justice sénégalaise depuis près de deux mois, le Conseil de l’Ordre des Avocats hausse le ton. Dans un communiqué publié ce lundi, l’instance représentative du Barreau a exprimé sa profonde inquiétude face aux conséquences croissantes de ce mouvement, lancé par les syndicats regroupés sous la bannière SYTJUS-UNTJ.
Le Conseil déplore une atteinte grave au fonctionnement des juridictions, à l’accès des citoyens à la justice, et à la garantie des droits fondamentaux des justiciables. Selon le communiqué, cette situation « prolonge les détentions préventives, accentue le surpeuplement carcéral et compromet le droit à un procès équitable ». Les avocats évoquent également les répercussions économiques importantes induites par l’arrêt prolongé des activités judiciaires.
S’il reconnaît que le droit de grève est un acquis constitutionnel, le Conseil rappelle que son exercice doit être équilibré avec le principe de continuité du service public. Il interpelle directement l’État sur son obligation de garantir l’accès des citoyens à la justice et de préserver l’autorité de la loi.
Malgré plusieurs tentatives de médiation engagées par le Barreau pour sortir de la crise, aucune solution n’a encore été trouvée, regrette le Conseil. Il lance un appel solennel à toutes les parties prenantes — syndicats, autorités publiques et acteurs du secteur judiciaire — à faire preuve de responsabilité afin de rétablir rapidement le bon fonctionnement de la justice.
« Le Conseil réaffirme son attachement au respect des droits et libertés, et réitère sa disponibilité à œuvrer à une sortie de crise. »
La justice sénégalaise reste en suspens, au grand dam des justiciables, des avocats et de l’ensemble des acteurs du droit.
Boudal NDIATH