Le devoir de mémoire a été au cœur d’un moment fort, ce week-end, à Thiaroye, dans la banlieue dakaroise. En visite officielle au cimetière militaire de Thiaroye, le Premier ministre du Burkina Faso, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a tenu à honorer la mémoire des tirailleurs africains lâchement abattus en décembre 1944 par l’armée coloniale française.
Ces anciens combattants, qui avaient servi la France pendant la Seconde Guerre mondiale, ont été tués pour avoir réclamé leurs soldes impayés, quelques mois après leur retour en Afrique. Le massacre de Thiaroye, longtemps passé sous silence, est désormais reconnu comme l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire coloniale française en Afrique de l’Ouest.
« Des héros tombés pour la justice »
Dans une déclaration empreinte d’émotion, le chef du gouvernement burkinabè a salué « des héros tombés pour la justice » et souligné que leur combat reste une source d’inspiration pour les générations actuelles.
« Le massacre de Thiaroye est une blessure ouverte dans la conscience de l’humanité. Préservons leur mémoire comme un repère pour la marche de l’Afrique vers la souveraineté et la dignité », a déclaré Jean Emmanuel Ouédraogo.
Une visite hautement symbolique
Cette visite symbolique s’est déroulée en marge du Forum Invest in Senegal, qui a réuni plusieurs dirigeants africains à Dakar. Étaient notamment présents les chefs de gouvernement du Sénégal et du Niger, ainsi que le vice-président sud-africain. Le geste du Premier ministre burkinabè a été salué par de nombreux observateurs comme une marque de solidarité panafricaine et une revendication de mémoire commune.
Dans un contexte où les relations entre l’Afrique et les anciennes puissances coloniales sont régulièrement questionnées, ce déplacement prend une dimension politique et historique forte, rappelant que l’histoire partagée ne peut être ignorée dans la construction de l’avenir du continent.
Boudal NDIATH