Le climat social se dégrade dans plusieurs rédactions au Sénégal, où les plans de restructuration, les retards de paiement et les licenciements se multiplient. Face à cette situation jugée inquiétante, le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal et la Convention des jeunes reporters du Sénégal ont exprimé ce vendredi 7 novembre leur vive préoccupation à travers un communiqué conjoint qui met en lumière la détresse croissante du secteur
Les deux organisations alertent sur une vague de réorganisations internes dans plusieurs organes de presse, souvent présentées comme des réponses à des difficultés économiques, mais qui se traduisent par des réductions de salaires, des licenciements et une aggravation des retards de paiement. Des pratiques qui, si elles se poursuivent, pourraient selon elles porter un coup sévère à la stabilité des entreprises de presse, à la qualité du travail journalistique et au moral des professionnels de l’information
Conscients des défis structurels qui pèsent sur le paysage médiatique national, le SYNPICS et la CJRS réaffirment leur attachement à la défense des droits des travailleurs et à la promotion de conditions de travail décentes et équitables. Les deux structures syndicales expriment leur solidarité à l’égard des journalistes, techniciens et agents de médias touchés par ces difficultés, tout en appelant à un sursaut collectif pour préserver la cohésion et la dignité de la profession
Elles exhortent les dirigeants de médias à privilégier le dialogue social et la concertation avant toute décision susceptible d’impacter les emplois ou de dégrader davantage les conditions de travail. Les syndicats interpellent également les ministères du Travail et de la Communication, les invitant à veiller au respect des droits fondamentaux des travailleurs conformément aux lois et conventions en vigueur
Pour le SYNPICS et la CJRS, la sauvegarde du pluralisme médiatique et de la liberté de la presse ne saurait être dissociée de la protection du capital humain, véritable pilier de toute entreprise d’information. Les deux organisations appellent enfin à un engagement solidaire et responsable de l’ensemble des acteurs du secteur afin d’éviter une crise sociale qui fragiliserait encore davantage un paysage médiatique déjà en difficulté.
Boudal NDIATH