Le Fonsis en pole position
Courant juillet 2025, la France a restitué les derniers camps militaires au Sénégal. Un départ marquant la fin de la présence permanente de l’armée française dans notre pays bien avant 1960. Dans les normes, ces anciennes bases militaires devraient être réaffectées aux forces armées sénégalaises. Malheureusement, César risque d’échapper à César ! Car « Le Témoin » a appris que le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (Fonsis) est en pole position pour s’accaparer de la plus grande ancienne base française, celle de Ouakam‐160.
Après plus de 60 ans de présence permanente au Sénégal, l’Armée française a restitué toutes ses installations militaires et autres bases stratégiques. Il s’agit du Camp Saint‐ Exupéry de Dakar, du Camp Maréchal de Hann, de l’Escale aéroportuaire de Diass, du Camp de la Marine, du Centre d’émission de Rufisque et autres sites. Mais la plus ancienne installation de l’Armée française, c’est la base aérienne 160 Dakar‐Ouakam.
Située dans une zone urbaine stratégique, la base aérienne 160 de Ouakam s’étend sur plus de 35 hectares. Il est donc tout à fait normal que cette base soit convoitée par l’Armée, la Gendarmerie et les Sapeurs‐pompiers. Et de droit ! En effet, le site pouvait abriter plu‐ sieurs unités des forces de défense et de sé‐ curité comme la Brigade prévôtale de la gendarmerie nationale, le groupement d’achat de l’Armée ou la Superette de la Marine nationale et autres services non vitaux de l’Hôpital militaire de Ouakam (Hmo) à sa‐ voir la kinésithérapie, la rééducation fonctionnelle etc. Et pourquoi pas une Caserne des Sapeurs‐pompiers qui couvre des quartiers environnants comme Mermoz, Alma‐ dies, Ouakam, Mamelles et autres pour garantir une intervention rapide.
Hélas, la base aérienne de Ouakam risque de tomber dans l’escarcelle du Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (Fonsis) dont le siége se trouve au Rond‐point Stèle Mermoz. Il est vrai, le Fonsis est une institution de l’Etat du Sénégal créée dans le but de renforcer ses investissements aux côtés du secteur privé afin de dynamiser l’activité économique productive. Mais le vêtement « foncier » n’est‐il pas trop ample pour être porté par le Fonsis aux démembrements limités ? Toujours est‐il que certains responsables du Fon‐ sis s’activent pour la signature imminente d’un décret d’attribution. Alors que dans les « normes », l’Etat du Sénégal doit rétrocéder ces anciens sites français aux forces sénégalaises. C’est juste une décision de principe bien que ce soit la politique qui commande les armées.
Rappelons le, dès l’accession de notre pays à la souveraineté internationale en 1960, il existait une présence permanente de soldats français reposant sur des accords de défense et de coopération bilatéraux. Une présence basée sur un appui à la construction et à la formation de la nouvelle Armée sénégalaise. Avec la nouvelle orientation de la politique de défense de l’Etat du Sénégal, les derniers Éléments français au Sénégal (Efs) ont quitté Dakar après avoir fermé ses bases militaires dont les sites sont convoités.
Papa NDIAYE
