Le secteur sénégalais du fer à béton traverse une zone de turbulence. Réunis samedi à Sébikhotane, les lamineurs ont alerté sur une crise profonde qui menace la survie de leur industrie, fragilisée par les importations massives qui inondent le marché national.
Selon eux, « le fer à béton sénégalais coule sous l’effet de l’importation ».
Regroupés au sein de l’Union des lamineurs du Sénégal, les délégués des trois principales entreprises du pays – SOMETA, FABRIMETAL et METALSEN – ont dénoncé une concurrence qu’ils jugent déloyale. Pourtant, rappellent-ils, leurs produits sont certifiés et homologués par le LNR-BTP, garantissant leur qualité et leur conformité. À cela s’ajoute une réalité implacable : leur capacité de production dépasse largement les besoins du marché local.
Mais le secteur fait face à une conjoncture difficile. Le ralentissement des BTP, le coût élevé de l’électricité et la pression des importations ont provoqué une accumulation massive de stocks et une chute des ventes. Une situation « extrêmement préoccupante », avertit le porte-parole de l’Union, Pierre Diouf.
« Nos entreprises connaissent une accumulation dangereuse de stocks du fait du ralentissement du secteur BTP, des importations massives, de la concurrence déloyale et du coût élevé de l’électricité », déclare-t-il.
Pour les acteurs du secteur, l’impact dépasse le cadre industriel. Les lamineurs rappellent que la filière génère plus de 3 000 emplois directs et indirects. « Derrière chaque employé, il y a une famille », souligne Pape Alioune Sarr, autre porte-parole. Il insiste également sur l’écosystème fragilisé : transporteurs, restaurateurs, commerçants et autres prestataires dépendent des activités de ces usines.
« Le Sénégal est autosuffisant en fer à béton ! Si rien n’est fait, les conséquences seront dramatiques : des milliers d’emplois menacés, des arrêts de production, voire des faillites », prévient-il.
Les lamineurs appellent ainsi l’État à prendre des mesures urgentes pour protéger une industrie stratégique qu’ils estiment en danger immédiat.
Boudal NDIATH