Dans la Commune de Wakhinane Nimzatt (Guédiawaye), un atelier inédit de l’Association des Journalistes en Santé, Population et Développement (AJSPD et de l’ONG International Budget Partnership (IBP) a réuni médias, élus et communautés pour repenser la gouvernance sanitaire. Axée sur le thème : «La contribution des acteurs communautaires à la gouvernance sanitaire » cette rencontre ambitieuse, avait pour objectif entre autre de remettre les populations au cœur des décisions, renforcer la transparence et donner aux communautés le pouvoir de peser davantage dans la gestion locale de la santé.
« En organisant cette rencontre, vous voulaient aider les populations à mieux comprendre le fonctionnement des structures de santé et les enjeux de la gouvernance sanitaire » Ce sont ces propos introductifs que M. Racine Talla, Maire de la Commune de Wakhinane Nimzatt a ouvert la cérémonie de cette importante rencontre. M. Talla, qui est par ailleurs membre fondateur du Réseau des Journalistes en Population et Développement devenu AJSPD. Il a salué cette initiative en rappelant les changements introduits depuis l’initiative de Bamako et la mise en œuvre du décret n°2018-35 qui redéfinit les prérogatives des Comités de Développement Sanitaire (CDS). La gouvernance sanitaire repose, selon la Lettre de Politique Sectorielle du ministère de la Santé, sur trois piliers : transparence, participation et redevabilité. Dans cette architecture, les acteurs communautaires jouent un rôle essentiel : promotion de la santé, orientation des usagers, démystification des pratiques médicales, collecte de données, accompagnement des femmes enceintes, mobilisation locale et relais entre les structures sanitaires et les populations. L’atelier vise ainsi à valoriser cette contribution, à analyser les défis de terrain et à proposer des recommandations pour une gouvernance sanitaire plus inclusive.
Un des présentateurs, M. Ousmane Sow, secrétaire exécutif du réseau des CDS du district sanitaire de Guédiawaye, a exposé la genèse, le fonctionnement et les défis des CDS. Selon lui, « parler de CDS, c’est parler de la participation des populations à toutes les étapes : identification, planification et résolution des problèmes de santé ». Il souligne toutefois des difficultés persistantes, notamment : l’irrégularité des réunions obligatoires (conseils de direction, assemblées générales), le manque d’implication de certaines collectivités locales, la dépendance quasi exclusive aux recettes issues de la pharmacie communautaire et des tickets, l’absence de reconnaissance juridique formelle, qui freine les partenariats public-privé et la mobilisation de ressources. « Une reconnaissance juridique renforcerait la capacité des CDS à nouer des partenariats durables et à élargir leur base financière », a-t-il insisté.
Pour le président de l’AJSPD, M. Eugène Kaly, cet atelier permet aux reporters de mieux comprendre les enjeux de la gouvernance locale de la santé, souvent marquée par des tensions internes ou des incompréhensions entre prestataires, élus et membres des CDS. « Une meilleure maîtrise des mécanismes de gestion permettra aux journalistes d’expliquer clairement aux populations les enjeux de transparence et de performance », a-t-il déclaré.
Mbagnick DIOUF