Le jeune réalisateur Ismaël Mahamadou Laouali fait partie de cette nouvelle génération de cinéastes africains qui cherchent à raconter des histoires ancrées dans les réalités du continent. Son court-métrage « Niarry Tally », présenté dans le cadre du programme Film Lab Africa, explore les relations humaines et les difficultés de communication au sein d’une famille.
Un film sur les liens familiaux et la communication
Dans « Niarry Tally », Ismaël Laouali met en scène Khoudia, une femme d’une quarantaine d’années qui, lors d’un trajet en taxi, entame une conversation inattendue avec le chauffeur. Cet échange va progressivement réveiller une blessure intime : son incapacité à communiquer avec sa sœur sourde-muette. Ce voyage devient alors une forme de thérapie et ouvre la voie à une possible réconciliation familiale.
À travers ce récit à la fois intime et universel, le réalisateur aborde les questions de dialogue, d’écoute et de relations familiales. Le film mélange émotion, humour et réflexion sociale dans un format court d’environ dix minutes.
Un projet né du programme Film Lab Africa
« Niarry Tally » fait partie des quatre courts-métrages réalisés dans le cadre du programme Film Lab Africa, une initiative de formation et d’accompagnement destinée aux jeunes cinéastes africains. Ce programme, porté notamment par le British Council, vise à soutenir l’émergence de nouveaux talents dans l’industrie audiovisuelle africaine.
Pendant plusieurs mois, les participants ont bénéficié d’un accompagnement intensif combinant écriture de scénario, réalisation, production et apprentissage des métiers techniques du cinéma. L’objectif est de permettre aux jeunes créateurs de transformer leurs idées en projets concrets et de renforcer leur insertion professionnelle dans les industries culturelles.
Au total, une vingtaine de jeunes talents ont pris part à cette première édition au Sénégal, donnant naissance à quatre courts-métrages : « Borom Baax », « Marco », « Le repas parfait » et « Niarry Tally ».
Une vitrine pour la nouvelle génération de cinéastes africains
Les films issus du programme ont été projetés dans plusieurs salles de cinéma à Dakar, notamment à Pathé Sénégal et au Seanema du Sea Plaza, avant d’entamer une tournée dans différentes régions du pays. Cette initiative vise à rapprocher le public sénégalais de la production cinématographique locale et à encourager l’émergence de nouveaux talents.
Pour Ismaël Laouali et les autres réalisateurs participants, cette expérience représente un véritable tremplin vers le monde professionnel du cinéma. Elle permet également de faire connaître leurs œuvres au-delà du Sénégal, notamment à travers des festivals internationaux.
Une nouvelle voix du cinéma africain
À travers « Niarry Tally », Ismaël Laouali confirme son ambition de raconter des histoires humaines profondément ancrées dans les réalités africaines. Son travail s’inscrit dans la dynamique actuelle du cinéma africain, marqué par l’émergence d’une nouvelle génération de réalisateurs qui souhaitent porter des récits originaux et authentiques sur les écrans.
Boudal NDIATH