Les riziers du Sénégal ont tenu un point de presse pour alerter sur la situation actuelle de la filière rizicole nationale et sur la nécessité d’une réforme profonde de son fonctionnement.Pour Alioune Diagne, président des riziers du Sénégal, le problème majeur des politiques précédentes était que « l’État, avec ses différents démembrements, élaborait les programmes et les plannings sans consulter les acteurs de terrain. Les décisions prises ne correspondaient pas à la réalité des producteurs ».
Vers une approche « de la base au sommet »
Alioune Diagne insiste sur la nécessité de renverser cette logique : « Dorénavant, tout programme doit commencer à la base : recensement, diagnostic, état des lieux, et intégration des acteurs dans le processus d’élaboration. Ainsi, au final, nous aurons un programme solide, construit de la base jusqu’au sommet, capable de répondre aux attentes de tous. »
Il souligne également que la professionnalisation de la filière nécessite la création d’instances fortes regroupant les différents acteurs. « Tous les concernés doivent participer aux structures décisionnelles pour assurer la bonne prise de décision et son application effective, afin d’obtenir de meilleurs résultats », a-t-il ajouté.
La question des subventions et des importateurs
Alioune Diagne a abordé la question de la subvention de 50 francs sur le riz, qui avait été remise en cause par les importateurs. « Le ministre du Commerce s’était engagé à régler cette question avec les autorités compétentes, mais jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de retour. Les importateurs, sans garantie, n’ont pas bougé non plus », déplore-t-il.
Le président des riziers explique que, malgré leurs efforts depuis août pour déclarer leurs stocks, les actions entreprises depuis septembre n’ont pas abouti : « La situation est restée inchangée et le riz invendu. »
Une filière locale de qualité
Malgré ces difficultés, Alioune Diagne tient à rappeler la qualité du riz sénégalais : « Notre riz n’a plus rien à envier aux importations étrangères ». Il appelle donc à une meilleure organisation et à la mise en place d’un cadre participatif pour permettre à la filière de se développer et d’atteindre son potentiel.
Boudal NDIATH