À travers une étude inédite présentée lors d’un atelier à Dakar, le Cadre des Religieux pour la Santé et le Développement (CRSD) met en lumière le rôle déterminant, mais souvent méconnu, des familles et institutions religieuses dans l’éducation et la protection sociale au Sénégal. Une contribution discrète, portée par une mission spirituelle, que les acteurs entendent désormais mieux documenter, structurer et valoriser pour renforcer son impact dans les politiques de développement.
Le Cadre des Religieux pour la Santé et le Développement (CRSD) a organisé un atelier afin de partager les résultats d’une étude portant sur le rôle des familles et des institutions religieuses dans l’éducation et la protection sociale au Sénégal. Cet évènement a rassemblé des représentants de l’Eta, des religieux, des partenaires techniques et financiers, des membres de la société civile ainsi que des journalistes, dans le but de mettre en lumière les contributions des acteurs religieux au développement. L’atelier a également visé à examiner des méthodes pour systématiser et valoriser leurs interventions, tout en favorisant une meilleure intégration de celles-ci dans les politiques publiques. Dans son discours, Cheikh Saliou Mbacké, le président du CRSD a exprimé sa reconnaissance envers l’engagement des participants et a retracé l’histoire de l’organisation. Il a souligné que cette étude représente une première étape vers la reconnaissance des actions des religieux, souvent réalisées dans l’ombre « Les familles religieuses agissent principalement par vocation spirituelle, sans rechercher la notoriété », a-t-il rappelé. Il a également souligné l’importance de continuer à documenter ces actions et d’évaluer l’impact réel qu’elles ont sur les populations.
M. Babacar samb, représentant le Ministre de l »Education nationale a ouvert officiellement l’atelier. Il a mis en avant la pertinence du thème dans un contexte marqué par les Objectifs de Développement Durable (ODD) et le rôle stratégique des partenariats multisectoriels, incluant les acteurs religieux. Selon lui, les institutions religieuses interviennent dans plusieurs domaines du développement, contribuent à l’éducation, à la cohésion sociale et à l’appui aux plus vulnérables. « Cette étude permettra d’éclairer davantage les contributions multiformes des acteurs religieux dans le développement économique et social », a-t-il déclaré. Il a également assuré de l’engagement du ministère à accompagner les initiatives visant à mieux structurer ces contributions.
Présentant les grandes lignes de l’étude, le Président du CRSD a révélé que : les familles et institutions religieuses jouent un rôle déterminant dans l’éducation (notamment religieuse et communautaire), la protection sociale (prise en charge des populations vulnérables)
Ces actions couvrent plusieurs domaines essentiels tels que : l’alimentation, la santé, l’éducation et l’encadrement social. Cependant, un constat majeur ressort : ces contributions restent peu documentées et insuffisamment valorisées
L’étude met un accent particulier sur la protection de l’enfant, à travers le concept de “tarbiyyah” (éducation aux valeurs), central dans l’islam soufi sénégalais. Selon Cheikh Saliou Mbacké : l’instruction (taalim) doit être accompagnée d’une éducation aux valeurs, la protection sociale inclut bien plus que l’école. Elle englobe la santé, la nutrition et l’encadrement moral. Les échanges ont permis d’identifier plusieurs défis majeurs comme le manque de coordination des initiatives, l’absence de systématisation des actions et la faible visibilité des impacts. Ils ont permis de mettre en lumière une réalité souvent sous-estimée : les institutions religieuses sont des acteurs majeurs du développement au Sénégal
Face à ces enjeux, les participants ont plaidé pour : une meilleure documentation des interventions, la mise en place de mécanismes de coordination, le renforcement des partenariats avec l’État et les partenaires entre autres.
Mbagnick DIOUF