La Conférence Women Deliver 2026 (WD2026) s’est achevée le 30 avril à Narrm (Melbourne), en Australie, sur un appel fort à repenser en profondeur l’écosystème mondial de l’égalité de genre. Pendant quatre jours, des centaines d’acteurs venus du monde entier ont débattu des droits, de la santé et de la dignité des filles et des femmes.
Organisée du 27 au 30 avril, cette rencontre internationale a mis en lumière le leadership des mouvements féministes, des peuples autochtones et des défenseurs des droits humains, notamment dans la région du Pacifique. Entre pré-conférences, plénières, sessions thématiques et activités culturelles, les participants ont échangé autour des défis actuels et des solutions pour faire avancer l’égalité de genre à l’échelle mondiale.
Point culminant de la conférence, l’adoption de la Déclaration de Melbourne pour l’égalité de genre marque une étape importante. Ce texte appelle à un rééquilibrage de l’écosystème mondial, afin de placer les droits humains, la redevabilité des États et la justice sociale au cœur des politiques publiques.
Les signataires y affirment leur engagement à faire respecter les obligations des États en matière de droits humains, notamment l’accès aux services essentiels, l’autonomie corporelle, la lutte contre les violences et les discriminations, ainsi que la promotion de systèmes démocratiques inclusifs. Cette déclaration intervient dans un contexte jugé critique. Les participants ont dénoncé la remise en cause croissante des droits humains dans plusieurs pays, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive.
La montée de l’autoritarisme, des conflits, des crises climatiques et des inégalités économiques a également été pointée du doigt comme frein majeur aux progrès réalisés. À cela s’ajoute un système économique mondial jugé inéquitable, qui limite la capacité des États à investir dans les services publics et la protection sociale. Les acteurs réunis à Melbourne plaident pour un changement de paradigme : passer d’un modèle centré sur les bailleurs à un modèle centré sur les populations.
Ils insistent sur le rôle crucial de la société civile, des mouvements féministes et des communautés locales dans la construction de solutions durables. La déclaration appelle ainsi à renforcer leur financement, leur protection et leur participation aux décisions. Parmi les principales orientations, les signataires s’engagent à : renforcer la responsabilité des États et leur obligation de rendre des comptes, soutenir les mouvements sociaux et la justice collective, remettre en cause les systèmes économiques générateurs d’inégalités, transformer les institutions pour privilégier les priorités locales, lutter contre le militarisme et promouvoir la paix et déconstruire les systèmes d’oppression tels que le patriarcat, le racisme et le colonialisme. Un appel à un avenir plus juste
À travers cette déclaration, les participants dessinent les contours d’un monde où chaque individu peut jouir pleinement de ses droits : accès à la santé, à l’éducation, à un environnement sain et à une vie sans violence ni discrimination.
La Conférence Women Deliver 2026 se referme ainsi sur un message clair : l’égalité de genre ne pourra être atteinte sans une transformation profonde des systèmes politiques, économiques et sociaux, et sans une mobilisation collective à l’échelle mondiale.
Par Mbagnick Diouf, envoyé spécial à Melbourne