Une affaire liée à un financement destiné à une opération de Tabaski conduit aujourd’hui le président de la Convergence des éleveurs pour l’émergence du Sénégal (CEES), Aliou Demba Sow, devant la justice. Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, celui-ci a été arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC) avant d’être déféré au parquet pour des faits présumés d’escroquerie sur les deniers publics.
Au cœur du dossier figure un financement de 50 millions de FCFA octroyé en juin 2021 par la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ). D’après les éléments de l’enquête, un montant de 34 264 400 FCFA reste impayé sur cette somme.
Le contrat prévoyait un remboursement sur trois mois, à raison de versements mensuels de 16 360 000 FCFA. Toutefois, malgré plusieurs relances de la structure financière, un seul paiement aurait été effectué.
Face aux enquêteurs, Aliou Demba Sow a reconnu l’existence de cette dette. Il a expliqué avoir distribué l’intégralité des fonds à 24 membres de son organisation afin de soutenir leurs activités. Selon ses déclarations, vingt-trois bénéficiaires auraient reçu chacun 2 millions de FCFA, tandis qu’un autre se serait vu attribuer 5 millions de FCFA.
Le président du CEES affirme que les bénéficiaires ont par la suite refusé de rembourser les montants reçus, estimant qu’il ne s’agissait pas d’un prêt, mais de ressources à caractère politique. Il soutient néanmoins avoir pu récupérer 16 360 000 FCFA grâce à l’intervention d’un huissier de justice, somme qu’il dit avoir reversée à la DER/FJ.
Les investigations de la DIC ont cependant fait apparaître plusieurs incohérences. Invité à fournir l’identité des 24 personnes ayant bénéficié du financement, Aliou Demba Sow n’a présenté qu’une liste de neuf noms.
Les enquêteurs ont alors procédé à des vérifications. Parmi les personnes identifiées, seules quatre ont pu être entendues. Elles ont confirmé avoir reçu chacune 2 millions de FCFA pour développer leurs activités génératrices de revenus. Toutefois, elles ont déclaré ne pas connaître l’origine exacte des fonds ni les conditions de leur remboursement. Selon leurs témoignages, le responsable du CEES leur avait simplement demandé d’utiliser cet argent pour relancer leurs activités économiques.
L’enquête se poursuit afin de déterminer les conditions exactes d’utilisation de ce financement et les responsabilités éventuelles des différentes parties impliquées dans cette affaire.
Boudal NDIATH