La majorité parlementaire a validé, ce lundi, la proposition de loi portant révision de la Constitution au terme d’une séance sous haute tension. Le texte a recueilli 129 voix favorables, correspondant aux suffrages des députés du groupe Pastef présents dans l’hémicycle.
Le vote s’est déroulé dans un contexte de profonde fracture entre majorité et opposition. Quelques instants avant le scrutin, les députés du groupe Takku Wallu Sénégal et les parlementaires non-inscrits ont quitté la salle des délibérations pour dénoncer le déroulement des travaux. Leur départ faisait suite à l’expulsion du député Abdou Mbow par les forces de l’ordre, un incident qui a fortement marqué cette séance consacrée à la réforme de la Loi fondamentale.
En amont du vote, les élus ont également repoussé les deux amendements présentés par le gouvernement. Défendus par le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, ces ajustements traduisaient les observations formulées par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Le premier amendement proposait de maintenir la possibilité pour le chef de l’État de demeurer à la tête de son parti politique. Le second visait à préciser certaines dispositions relatives à la future Cour constitutionnelle, afin d’en clarifier les compétences et d’assurer un meilleur équilibre institutionnel et budgétaire.
Le rejet de ces deux amendements n’a toutefois pas empêché l’adoption du projet. Forte de sa majorité, Pastef a fait passer le texte dans sa version initiale, franchissant ainsi une étape déterminante dans le processus de révision de la Constitution.