L’Association Migration, Développement et Réintégration (AMIDVRE) monte au créneau après l’annonce de l’expulsion imminente de 82 ressortissants sénégalais depuis l’île espagnole d’El Hierro. Dans un communiqué, l’organisation exprime sa « profonde amertume » et son « indignation totale » face à une situation qu’elle juge contraire aux droits fondamentaux des migrants.
Selon l’association, cette mesure intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires européennes, favorisé par le nouveau Pacte européen sur la migration. L’AMIDVRE estime que ces expulsions accélérées réduisent les migrants à de simples statistiques, au mépris de leur dignité et des principes consacrés par les conventions internationales.
L’organisation critique également l’attitude des États européens, qu’elle accuse de privilégier une approche répressive de la migration au détriment du respect des droits humains. Elle plaide pour un traitement « juste, humain et respectueux » des migrants africains, en particulier des Sénégalais.
Au-delà de l’Europe, l’AMIDVRE interpelle les autorités sénégalaises. Elle appelle l’État à assumer pleinement son devoir de protection envers ses ressortissants vivant à l’étranger et à ne pas rester passif face aux renvois massifs. L’association exhorte également les pouvoirs publics à créer davantage de perspectives pour la jeunesse sénégalaise, afin de s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière.
Pour son président, Harouna Sy, le Sénégal doit également exiger de ses partenaires européens le respect de la dignité et des droits de ses citoyens. À travers cette déclaration, l’AMIDVRE appelle à une gestion de la migration davantage fondée sur les droits humains, la coopération et la responsabilité partagée entre les pays d’origine et de destination.
Boudal NDIATH