Les producteurs d’oignon de la zone de Ngomène et des localités environnantes tirent la sonnette d’alarme face aux difficultés d’écoulement de leur production. Ils affirment que plus de 30.000 tonnes d’oignons sont actuellement stockées, faute de débouchés, et demandent l’arbitrage du président de la République ainsi que le limogeage du directeur général de l’Agence de régulation des marchés (ARM), Babacar Sembène.
Réunis pour exprimer leurs préoccupations, les producteurs estiment que la décision de l’ARM d’autoriser l’approvisionnement du marché en cette période précédant le Grand Magal de Touba a fortement pénalisé la commercialisation de leur production.
« Depuis les mois de mars, avril et mai, nous avons stocké nos récoltes conformément aux recommandations des autorités, qui nous avaient assuré que la qualité de notre oignon permettait une conservation de quatre à six mois », a déclaré Doudou Diop, président du Conseil d’administration de la société coopérative regroupant les producteurs de Ngomène et environs.
Selon lui, les producteurs ont été surpris de voir arriver sur le marché des oignons importés vendus à environ 3.000 FCFA le sac, une situation qui aurait fortement réduit la compétitivité de l’oignon local à quelques jours du Grand Magal de Touba, prévu le 2 août.
Les producteurs craignent désormais que l’arrivée de l’hivernage, combinée à l’insuffisance des infrastructures de stockage, n’entraîne d’importantes pertes financières. Ils évaluent les stocks invendus à plus de 30.000 tonnes, représentant plusieurs milliards de francs CFA.
Face à cette situation, ils demandent l’intervention du chef de l’État afin de trouver une solution rapide à la crise et réclament le départ du directeur général de l’ARM, qu’ils tiennent pour responsable de leurs difficultés de commercialisation.
Doudou Diop estime par ailleurs qu’un prix de vente compris entre 9.000 et 10.000 FCFA le sac resterait acceptable pour les producteurs et leur permettrait de couvrir leurs coûts de production.
De son côté, Ousmane Ndiaye, chargé de communication du GIE And Suxali Balgui, rappelle que l’État avait, dans un premier temps, suspendu l’approvisionnement des gros opérateurs afin de favoriser l’écoulement de la production des petits producteurs avec l’arrivée de l’oignon local sur le marché.
Il souligne également que la période du Grand Magal de Touba constitue un moment de forte consommation. « La consommation d’oignon au Sénégal est estimée à environ 1.000 tonnes par jour, soit près de 30.000 tonnes par mois », a-t-il expliqué, estimant que cette demande aurait dû permettre d’absorber une grande partie de la production locale si les conditions de commercialisation avaient été favorables.
Boudal NDIATH