LISBON, PORTUGAL - JUNE 20: The President of the Republic of Senegal Macky Sall delivers a closing statement to the press after his one-on-one meeting with Portuguese President Marcelo Rebelo de Sousa in Belem Presidential Palace on June 20, 2023, in Lisbon, Portugal. Senegalese President Macky Sall, who met Russian President Vladimir Putin with other African leaders on June 17 a day after their meeting with Ukrainian President Volodymyr Zelensky as part of their mission to try a broker peace talks between Moscow and Kyiv, will also meet with Prime Minister Antonio Costa and with Lisbon Mayor Carlos Moedas. He will finally attend a Portuguese Parliament solemn session in his honor. (Photo by Horacio Villalobos#Corbis/Corbis via Getty Images)
La course à la succession d’António Guterres reste plus ouverte que jamais. À l’issue du premier « straw poll », le vote informel organisé au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, Macky Sall apparaît toujours comme l’un des prétendants sérieux au poste de prochain secrétaire général de l’ONU.
Le scrutin, organisé le 30 juillet, n’a pas permis de dégager un favori incontestable. L’ancien président sénégalais a obtenu six voix favorables, un résultat comparable à celui de la Chilienne Michelle Bachelet. Le candidat argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), arrive en tête avec sept suffrages positifs.
Mais au-delà du nombre de voix favorables, le fonctionnement particulier du processus de sélection invite à relativiser les résultats de ce premier tour informel. Les candidats doivent en effet franchir plusieurs étapes avant qu’une candidature puisse véritablement s’imposer au sein du Conseil de sécurité.
Le veto, principal enjeu pour Macky Sall
Pour Macky Sall, l’un des principaux éléments à surveiller demeure la position des cinq membres permanents du Conseil de sécurité : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni.
L’obtention d’un nombre suffisant de votes favorables ne garantit pas, à elle seule, l’aboutissement d’une candidature. Dans la procédure de désignation du secrétaire général, un candidat doit obtenir au moins neuf voix sur les quinze membres du Conseil de sécurité. Surtout, aucune candidature ne peut prospérer si elle fait l’objet d’un veto maintenu par l’un des cinq membres permanents.
Dans ce contexte, l’absence de veto contre Macky Sall constituerait un élément majeur pour la suite de sa campagne. Elle lui permettrait de continuer à négocier des soutiens et de tenter de renforcer sa position lors des prochains tours de consultation.
Le premier « straw poll » ne constitue donc pas un verdict définitif. Il s’agit avant tout d’un indicateur des rapports de force à un moment précis de la compétition.
Une candidature africaine au cœur de la bataille
La candidature de Macky Sall s’inscrit également dans un contexte diplomatique particulier. La question de la rotation régionale, selon laquelle les différentes régions du monde se succèdent à la tête de l’organisation, occupe une place importante dans les discussions autour de la succession d’António Guterres.
Après deux mandats du Portugais, la perspective de voir l’Afrique accéder à nouveau au secrétariat général de l’ONU alimente les ambitions de plusieurs États et diplomaties du continent. La candidature sénégalaise entend précisément tirer parti de cette dynamique.
Cependant, la concurrence est importante, notamment avec Michelle Bachelet et Rafael Grossi. La perspective d’une candidature féminine issue d’Amérique latine constitue également un paramètre diplomatique susceptible de peser dans les prochains mois.
Un processus qui peut encore évoluer
Le résultat du 30 juillet ne permet donc pas encore de déterminer qui succédera à António Guterres. Les rapports de force peuvent évoluer au fil des prochains « straw polls », au gré des négociations entre États membres et des positions prises par les puissances disposant d’un droit de veto.
Pour Macky Sall, l’enjeu sera désormais de transformer ses six voix favorables en un soutien plus large, tout en évitant qu’une puissance permanente du Conseil de sécurité ne bloque sa candidature.
La bataille est loin d’être terminée. Si l’ancien président sénégalais parvient à consolider ses appuis et à préserver une absence de veto des États-Unis, de la Russie, de la Chine, de la France et du Royaume-Uni, sa candidature pourrait rester pleinement compétitive jusqu’aux dernières étapes du processus.
À ce stade, la course à la succession d’António Guterres demeure donc ouverte. Et pour Macky Sall, le premier scrutin informel, loin de mettre fin à ses ambitions, pourrait constituer le point de départ d’une nouvelle phase de sa campagne diplomatique.
Boudal NDIATH