Un Sénégalais ayant rejoint l’Espagne dans le cadre du programme de migration circulaire entre le Sénégal et l’Espagne est décédé à Almedo. Alors que la Direction des Sénégalais de l’extérieur suit le dossier et doit prendre les dispositions nécessaires pour le rapatriement de la dépouille au Sénégal, des travailleurs sénégalais présents sur place interpellent les autorités sur leurs conditions de vie et de travail.
Le décès d’un ressortissant sénégalais à Almedo, en Espagne, ravive les préoccupations des Sénégalais engagés dans le dispositif de migration circulaire entre le Sénégal et l’Espagne. Le défunt faisait partie des travailleurs sénégalais partis en Espagne dans le cadre de ce programme.
Saisie de la situation, la Direction des Sénégalais de l’extérieur suit de près le dossier. Elle doit notamment prendre les dispositions nécessaires pour permettre le rapatriement de la dépouille au Sénégal.
Au-delà de ce décès, les Sénégalais actuellement présents en Espagne dans le cadre de la migration circulaire souhaitent attirer l’attention sur les difficultés auxquelles ils disent être confrontés au quotidien.
« Notre seul problème, c’est parfois le manque de communication »
Interrogé sur la situation, un Sénégalais membre de la délégation présente en Espagne dénonce notamment des difficultés liées à l’accès à la nourriture et au manque de commerces à proximité de leurs lieux de résidence.
« Notre seul problème, c’est parfois le manque de communication. Nous avons des problèmes liés à la nourriture. Quand on descend le soir, c’est quasi impossible d’aller chercher quoi manger parce que nous habitons dans des endroits où il n’y a pas de boutique pour manger. »
Selon lui, cette situation nécessite une meilleure écoute de la part des autorités et une plus grande attention aux conditions de vie des travailleurs.
« C’est pourquoi nous demandons aux autorités de nous écouter. C’est très difficile et, en plus, nos employeurs ne s’intéressent pas à notre condition de vie », déplore-t-il.
Un besoin d’intermédiaires pour faire remonter les doléances
Une autre travailleuse sénégalaise, qui a préféré garder l’anonymat, insiste pour sa part sur la nécessité de disposer de personnes capables de jouer le rôle d’intermédiaires entre les travailleurs sénégalais et leurs employeurs espagnols.
« Nous manquons de communicateurs qui peuvent réclamer nos droits. Nous devons avoir des gens qui seront des intermédiaires avec les Espagnols pour leur dire nos doléances », explique-t-elle.
Pour ces travailleurs, une meilleure communication permettrait de faciliter la remontée des difficultés rencontrées sur le terrain et d’apporter plus rapidement des réponses aux problèmes soulevés.
La Direction des Sénégalais de l’extérieur répond
Contacté sur la situation, le directeur des Sénégalais de l’extérieur, Abdou Karime Cissé, affirme que les autorités sénégalaises suivent le dossier et que des échanges ont déjà eu lieu sur place.
« Oui, le consul général du Sénégal à Madrid s’est rendu là-bas pour s’enquérir des différentes questions en présence de l’entreprise et des travailleurs et chaque question et les réponses ont été données », précise-t-il.
Abdou Karime Cissé explique également qu’un dispositif de remontée de l’information est prévu pour permettre aux travailleurs de faire connaître leurs difficultés.
« Chaque groupe dispose d’un responsable qui doit remonter les informations avec le consul et Dakar et, si le problème n’est pas résolu, il y a maintenant l’intervention du consul et de Dakar », indique le directeur des Sénégalais de l’extérieur.
Des précisions sur les horaires de travail
Le responsable est également revenu sur la question des horaires de travail, évoquée par les travailleurs sénégalais présents en Espagne.
Selon lui, une décision a été prise à la suite de la réunion tenue avec le consul général du Sénégal à Madrid.
« Concernant les horaires de travail, il a été retenu à la suite de la réunion avec le consul que ceux qui ne souhaitent pas faire d’heures supplémentaires pourront arrêter aux heures normales indiquées », précise Abdou Karime Cissé.
Alors que le dossier du Sénégalais décédé à Almedo est suivi par les autorités sénégalaises en vue du rapatriement de sa dépouille, les témoignages des travailleurs mettent ainsi en lumière les difficultés qu’ils souhaitent voir davantage prises en compte dans le cadre de leur expérience de migration circulaire en Espagne.
Pour les autorités sénégalaises, le dispositif de suivi repose notamment sur les responsables de groupes, le consulat et les services compétents à Dakar, afin de permettre la remontée et le traitement des difficultés rencontrées par les travailleurs.
Boudal NDIATH