Pour Alioune Tine, figure de la société civile sénégalaise, Ousmane Sonko demeure l’un des leaders politiques les plus charismatiques du pays. Il reconnaît au Premier ministre une capacité politique particulière, notamment à travers son aptitude à mobiliser et à fédérer une grande partie de la jeunesse sénégalaise.
Alioune Tine rappelle également le rôle joué par la société civile durant les périodes difficiles traversées par Ousmane Sonko. Selon lui, plusieurs acteurs de la société civile ont contribué à sa défense et à sa libération, ce qui rend, à ses yeux, difficile l’idée d’une société civile qui chercherait aujourd’hui à combattre ou à « détester » le leader de Pastef.
Mais pour le défenseur des droits humains, le rôle de la société civile ne doit pas être confondu avec celui d’un parti politique. Sa mission consiste notamment à alerter, promouvoir et défendre les droits humains, lutter contre la corruption et surveiller l’action des pouvoirs publics.
« La société civile ne cherche pas à gouverner », souligne Alioune Tine. Elle doit plutôt exercer une fonction de veille et de contrôle démocratique, quel que soit le pouvoir en place. À ses yeux, aucun gouvernement ne devrait bénéficier d’une « carte blanche ».
L’ancien dirigeant de la RADDHO estime ainsi que la principale difficulté dans les relations entre Ousmane Sonko et une partie de la société civile réside dans la perception du rôle de cette dernière. Il appelle le chef du gouvernement à accepter la critique et à reconnaître le travail de surveillance effectué par les organisations de la société civile.
Pour Alioune Tine, les critiques doivent pouvoir être entendues, discutées et, lorsque cela est nécessaire, contestées sur le fond. En revanche, il juge qu’il faut mettre fin à la diabolisation, au mépris et aux attaques visant les acteurs de la société civile.
Il plaide finalement pour une nouvelle relation entre le pouvoir et les organisations citoyennes. « Il est temps de se réconcilier avec une société civile sénégalaise qui joue un rôle d’avant-garde en Afrique et dans le monde », affirme-t-il.
Boudal NDIATH