Le Sénégal a officiellement lancé, ce 8 septembre, le mois de l’alphabétisation. La cérémonie s’est tenue à l’Arène nationale de Pikine, en présence du préfet de Pikine, du représentant de l’UNESCO et de plusieurs acteurs engagés dans la promotion de l’alphabétisation et des langues nationales. Une édition marquée par la célébration du 60ᵉ anniversaire de la Journée internationale de l’alphabétisation.
L’Arène nationale de Pikine a servi de cadre, ce 8 septembre, au lancement officiel du mois de l’alphabétisation au Sénégal. La cérémonie a réuni les autorités administratives, les représentants des organisations internationales ainsi que les différents acteurs intervenant dans le domaine de l’alphabétisation.
Cette année, l’Inspection d’Académie de Pikine-Guédiawaye a été choisie pour abriter les activités marquant le lancement de cette célébration. Un choix qui intervient dans un contexte particulier, avec la commémoration du 60ᵉ anniversaire de la Journée internationale de l’alphabétisation, instituée par l’UNESCO en 1966.
« Aujourd’hui, nous célébrons le lancement du 60ᵉ anniversaire de la Journée internationale de l’alphabétisation. À cette occasion, l’IA de Pikine-Guédiawaye a été choisie pour célébrer le lancement de cette journée. Elle a été instaurée par l’UNESCO en 1966 », a rappelé Alioune Fall, président de l’alphabétisation et des langues nationales.
Initialement organisée sur une semaine, la célébration s’étend désormais sur tout un mois, traduisant, selon les acteurs, la volonté de renforcer la visibilité des actions menées en faveur de l’alphabétisation et de toucher davantage de bénéficiaires.
L’alphabétisation au service de l’entrepreneuriat
Au-delà de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, les acteurs souhaitent désormais faire de l’alphabétisation un véritable levier d’autonomisation économique. Le thème retenu cette année s’inscrit ainsi dans cette dynamique.
« Le choix du thème de cette année est assez pertinent parce que l’alphabétisation doit être aussi un moyen d’entrepreneuriat », a souligné Alioune Fall.
Pour les responsables du secteur, l’alphabétisation constitue également un moyen essentiel de lutter contre l’ignorance, considérée comme l’un des principaux obstacles au développement des sociétés.
« Quand on parle d’alphabétisation, nous devons lutter contre l’ignorance. Comme je l’ai dit tantôt, nous savons que l’ignorance est un mal pour toutes les sociétés. C’est à travers la lutte contre l’ignorance que nous pourrons lutter contre l’analphabétisme », a-t-il déclaré.
Des efforts à renforcer
Si des progrès importants ont été enregistrés dans la lutte contre l’analphabétisme, les acteurs du secteur estiment que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour atteindre les objectifs fixés.
Alioune Fall appelle ainsi à une augmentation des ressources consacrées à l’alphabétisation. Selon lui, le financement actuel demeure insuffisant au regard des défis auxquels le secteur est confronté.
« Avec un taux aussi élevé, nous savons que d’énormes efforts ont été faits. Cela veut dire que si nous voulons combattre l’analphabétisme, il faut davantage de ressources et que nous puissions dépasser le budget qui nous est alloué et qui ne dépasse pas 1 % du budget de l’Éducation nationale », a-t-il insisté.
Le lancement du mois de l’alphabétisation apparaît ainsi comme un moment fort pour dresser le bilan des actions entreprises, mais également pour rappeler la nécessité de renforcer les investissements dans ce domaine. Pour les acteurs, l’alphabétisation ne doit plus être perçue uniquement comme un outil d’apprentissage, mais également comme un instrument d’insertion, d’autonomisation et de développement économique et social.
Boudal NDIATH