À la cité Wardini, une journée de consultation médicale gratuite a permis d’offrir des soins et des conseils de prévention à des enfants talibés. Parmi les préoccupations des professionnels de santé : la carie dentaire, première cause de consultation, mais aussi le manque d’habitude de consulter régulièrement un dentiste.
Une brosse à dents, un peu de dentifrice et surtout de bonnes habitudes peuvent contribuer à préserver les dents tout au long de la vie. Pourtant, la santé bucco-dentaire demeure encore largement négligée au Sénégal, notamment chez les populations les plus vulnérables.
À la cité Wardini à Keur Massar, des enfants talibés ont bénéficié d’une journée de consultation médicale gratuite organisée par les associations Africa Nitté Family et Africa Camina, avec le soutien du Réseau Siggil Jigéen, d’AcDev et d’autres partenaires.
Parmi les professionnels mobilisés, le docteur Makhtar Dramé, chirurgien-dentiste, conseiller départemental à Keur Massar et président de l’association SOS, Action Sanitaire Sociale et Humanitaire, a sensibilisé les enfants à l’importance de prendre soin de leurs dents.
La carie dentaire en tête des problèmes
Selon le praticien, plusieurs affections peuvent toucher la bouche et les dents. « La santé bucco-dentaire regroupe beaucoup de choses », explique-t-il, citant notamment les problèmes de gencives et du parodonte. Mais une pathologie domine largement : la carie dentaire. Elle constitue, selon le docteur Dramé, la principale cause de consultation. D’où l’importance d’agir avant l’apparition de douleurs ou de complications.
Pour prévenir ces problèmes, le chirurgien-dentiste insiste sur un geste simple : le brossage régulier des dents. Il recommande de se brosser les dents matin, midi et soir, en accordant une attention particulière au brossage du soir, avant le coucher.
« Il faut être ami avec son dentiste »
Au-delà du brossage, le spécialiste invite les populations à adopter une véritable culture de prévention. Il recommande de consulter régulièrement un dentiste, idéalement tous les six mois ou au moins une fois par an. Car pour lui, attendre d’avoir mal pour consulter peut conduire à une prise en charge tardive. Une tache noire sur une dent, une gêne, une douleur ou encore une dent qui bouge doivent notamment alerter. « Il faut aller voir le dentiste », conseille le docteur Dramé.
Cette démarche préventive reste cependant encore peu ancrée dans les habitudes. Au Sénégal, constate-t-il, beaucoup de personnes ne consultent un dentiste qu’en cas de problème.
La santé bucco-dentaire, « parent pauvre » de la santé
Pour le chirurgien-dentiste, cette situation contribue à faire de la santé bucco-dentaire l’un des parents pauvres de la santé.
Face à ce constat, certains professionnels choisissent de sortir de leurs cabinets pour aller directement à la rencontre des populations. La journée organisée à la cité Wardini en est une illustration. « Des fois, on sort carrément de nos cabinets, de nos cliniques, et on va à la rencontre de la population », souligne le praticien. L’objectif est double : soigner, mais surtout sensibiliser.
Pour les enfants talibés, souvent issus de milieux vulnérables, ces consultations gratuites représentent ainsi une occasion de bénéficier d’un dépistage, mais aussi d’acquérir les bons réflexes pour protéger leur santé.
Vieillir avec ses dents : un objectif possible
Contrairement à une idée répandue, perdre ses dents avec l’âge n’est pas une fatalité. Pour le docteur Dramé, il est tout à fait possible de conserver une bonne dentition en vieillissant, à condition d’en prendre soin régulièrement. Son conseil tient en quelques mots : avoir une bonne hygiène bucco-dentaire et entretenir une relation régulière avec son dentiste. « Il faut aller voir le dentiste. Tous les six mois, chaque année, aller voir le dentiste », insiste-t-il.
À la cité Wardini, la consultation gratuite aura donc permis de rappeler une évidence parfois oubliée : prendre soin de ses dents ne commence pas lorsque la douleur apparaît. La meilleure consultation est souvent celle qui permet justement d’éviter la douleur.
Mbagnick DIOUF