L’Intersyndicale de la boulangerie réclame des mesures urgentes pour alléger les charges des entreprises, faute de quoi un arrêt total de la production pourrait intervenir durant la première semaine de novembre 2026.
La menace d’une interruption de la production de pain se précise au Sénégal. Dans un communiqué conjoint relayé les 20 et 21 octobre 2026 par plusieurs médias, l’Intersyndicale de la boulangerie du Sénégal annonce qu’elle pourrait suspendre totalement la production sur l’ensemble du territoire national si le gouvernement ne répond pas à ses revendications.
Composée de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (FNBS), de la RBS Authentique, de la RBS et de la CNBS, l’Intersyndicale dénonce une situation économique devenue difficilement supportable pour les entreprises du secteur. Les organisations mettent notamment en cause la hausse des charges, qui fragiliserait la rentabilité des boulangeries.
Face à ces difficultés, les syndicats affirment avoir transmis un mémorandum au Premier ministre et au ministre chargé du Commerce. Ils demandent également la tenue urgente d’un Conseil interministériel afin d’examiner les mesures nécessaires à la sauvegarde de la filière.
Un prix du pain à 200 FCFA ou une baisse du prix de la farine
Au cœur des revendications figure la fixation d’un prix uniforme de la baguette à 200 FCFA sur l’ensemble du territoire national, avec une réduction proportionnelle du poids du pain dans les autres régions.
À défaut d’une telle mesure, les boulangers réclament une baisse d’au moins 3 000 FCFA du prix du sac de farine, si les autorités souhaitent maintenir le dispositif actuel.
Les organisations syndicales demandent également des allègements fiscaux adaptés aux difficultés du secteur. Elles plaident, en outre, pour un assainissement de la filière à travers l’application stricte du décret n° 2277, notamment en ce qui concerne les règles de distribution et la « vérité du pain ».
Une interruption qui pourrait affecter les consommateurs
Pour faire entendre leurs préoccupations et mobiliser leurs membres, les quatre organisations annoncent avoir engagé une tournée nationale. Cette démarche intervient alors qu’elles maintiennent la pression sur les autorités pour obtenir des réponses concrètes.
Selon leur avertissement, en l’absence de mesures gouvernementales jugées suffisantes, un arrêt total de la production sera observé durant la première semaine de novembre 2026.
Si cette menace est mise à exécution, elle pourrait perturber l’approvisionnement en pain dans plusieurs localités du pays, le pain constituant un produit de consommation courante pour de nombreux ménages.
À ce stade, les publications consultées rapportent une menace conditionnée à la réponse du gouvernement. Elles ne permettent pas d’affirmer qu’un arrêt effectif a déjà été décidé de manière irrévocable. L’évolution du dossier dépendra donc des éventuelles concertations entre les autorités et les représentants de la boulangerie.
Boudal NDIATH