Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a annoncé qu’il maintiendrait son abstention lors de l’examen en plénière du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Dans un communiqué publié le 23 octobre, il justifie sa position par ses réserves sur les prévisions de recettes de l’État, la réduction des investissements publics et les équilibres budgétaires.
Selon les chiffres avancés par le groupe, le projet rectificatif prévoit une baisse de 340 milliards de francs CFA des recettes publiques et une diminution de 555 milliards de francs CFA des investissements publics. Takku Wallu relève également un déficit budgétaire estimé à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB), contre 5,4 % initialement prévus.
L’opposition critique aussi la révision à la baisse des ressources attendues du Plan de redressement économique et social (PRES), estimant que les résultats des mesures annoncées par le gouvernement ne sont pas à la hauteur des objectifs affichés.
Au-delà des aspects économiques, Takku Wallu Sénégal déplore les divergences politiques qui entourent l’examen du texte. Le groupe estime que les débats parlementaires doivent privilégier l’intérêt national plutôt que les rivalités au sommet de l’État.
Une abstention pour éviter le blocage
Malgré ses critiques, le groupe parlementaire affirme vouloir éviter une paralysie des institutions. Il explique que son abstention vise à ne pas cautionner la gestion budgétaire du gouvernement, sans compromettre le fonctionnement des services publics, le paiement des agents de l’État et le respect des engagements nationaux.
Takku Wallu Sénégal entend ainsi maintenir sa position lors du vote en séance plénière, quelle que soit l’attitude de la majorité Pastef-Les Patriotes. Il annonce par ailleurs une conférence de presse dans les prochains jours pour exposer plus largement ses critiques.
Le projet de loi de finances rectificative reste donc au centre des désaccords à l’Assemblée nationale, où les positions des groupes parlementaires divergent sur les orientations budgétaires et les conditions de son adoption.
Boudal NDIATH