Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES) hausse le ton et dénonce l’absence de réponses concrètes du gouvernement à sa plateforme revendicative déposée depuis le 10 juillet 2026. Face à la presse, les médecins disent ne pas comprendre ce « silence », ou « dilatoire » et le manque de propositions concrètes des aurorités. Le SAMES a également dénoncé la situation de son secrétaire général de section au COUD et les réquisitions intervenues lors de la dernière grève.
Merci de me chercher des titres
« Nous ne sommes pas venus pour quémander. Nous sommes venus pour dénoncer et prendre à témoin l’opinion », a déclaré d’emblée le secrétaire général du SAMES, Dr Diabel Dramé, lors du point de presse. Selon lui, la plateforme revendicative déposée le 10 juillet 2026 avec un préavis de grève, n’a toujours pas fait l’objet de réponses jugées satisfaisantes. « Nous avons tenu trois rencontres avec les autorités sans aboutir à des propositions concrètes. » Clame-t-il.
Le syndicaliste revient notamment sur la rencontre du 16 octobre dernier. D’après lui, les représentants du ministère étaient venus sans nouvelles propositions et avec un dossier présenté comme étant celui issu d’un atelier organisé deux semaines auparavant. Le SAMES considère cette situation comme un manque de considération à l’égard du personnel de santé, particulièrement du corps médical.
Des démarches de médiation ont également été entreprises, notamment au Haut Conseil du Dialogue social et au niveau du Décanat de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie de l’UCAD. Mais, ces initiatives n’ont pas permis de débloquer les discussions.
Statut spécial, recrutement et retraite : les principales revendications
Parmi les préoccupations du SAMES il y a l’élaboration d’un statut spécial pour le corps médical. Le syndicat demande également le recrutement des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes dès la fin de leur formation. La gestion des ressources humaines constitue un autre point important de la plateforme. Le SAMES réclame la mise en place d’un cadre réglementaire permettant, selon lui, une promotion plus objective, une mobilité rationalisée et une meilleure prise en compte de la performance.
Au nom du syndicat, le Dr. Dramé demande une révision des textes relatifs à la spécialisation des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes, ainsi qu’une meilleure prise en charge des difficultés rencontrées pendant cette période de formation, notamment en matière de bourses, de logement et de primes d’écolage. Sur la retraite, le SAMES réclame une revalorisation de la pension à hauteur de 80 % du dernier salaire.
Le syndicat met également en avant la nécessité de construire et d’équiper des infrastructures sanitaires adaptées et équitablement réparties sur le territoire, avec des équipements de pointe permettant, selon lui, d’améliorer l’accès à des soins de qualité. Il réclame enfin la mise en place d’un régime indemnitaire jugé équitable par rapport aux autres corps relevant du même niveau hiérarchique.
Le COUD et les réquisitions au cœur de la colère syndicale
Le point de presse a également été l’occasion d’aborder la situation de son secrétaire général de section au Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD). Le syndicat accuse la direction du COUD d’avoir écarté de ses fonctions son responsable syndical et réclame sa « réintégration immédiate et sans condition ». Le SAMES estime que cette affaire constitue une question de liberté syndicale et annonce son intention de saisir les instances compétentes, aux niveaux national et international.
Autre sujet de tension : les réquisitions effectuées lors de la dernière grève menée avec la Fédération des syndicats de la santé et de l’action sociale (FSDT). Le SAMES affirme avoir constaté des réquisitions qu’il qualifie de « sauvages, illégales et abusives ». Le syndicat soutient que la réquisition constitue une procédure d’exception qui doit respecter les dispositions légales en vigueur. Le secrétaire général a ainsi averti que le SAMES ne reconnaîtrait pas, selon ses termes, « aucune réquisition qui ne respecte pas la procédure légale ». Il a également indiqué que les responsables administratifs ou sanitaires qui procéderaient à des réquisitions considérées comme irrégulières pourraient être tenus pour responsables par le syndicat.
Le SAMES maintient la pression, mais se dit ouvert à l’évaluation
Malgré la fermeté du ton adopté lors de ce point de presse, le SAMES, à travers son secrétaire général affirme rester attaché à ses responsabilités de syndicat de cadres et à ses valeurs républicaines. Le syndicat rappelle notamment qu’il est affilié à la CNTS et indique que des évaluations seront effectuées « chemin faisant ». Le Bureau exécutif national (BEN) entend ainsi prendre, au fur et à mesure de l’évolution de la situation, les mesures et décisions qu’il jugera nécessaires.
À travers ce point de presse, le SAMES entend donc maintenir la pression sur les autorités tout en appelant, en substance, à une reprise des discussions autour de réponses concrètes à sa plateforme revendicative. L’évolution du dialogue entre le gouvernement et le syndicat devrait déterminer les prochaines étapes du bras de fer engagé dans le secteur de la santé.
Mbagnick DIOUF