La conférence de presse des avocats commis par la coalition « Takku Wallu » pour se prononcer sur l’affaire Farba Ngom, initialement prévue, ce mercredi, à Dakar, a été annulée faute d’autorisation de l’Ordre des avocats. En lieu et place, les mêmes avocats, notamment Mes Oumar Youm, Amadou Sall et El Hadj Diouf, drapés, cette fois, de leur manteau de membres de la coalition « Takku Wallu », et le député Djimo Souaré, vice-président du groupe parlementaire « Takku Wallu », ont tenu un point de presse pour dénoncer « l’acharnement » dont serait victime le député-maire des Agnam « dont le seul tort est d’être un obstacle au régime actuel dans la région de Matam ».
La coalition « Takku Wallu Sénégal » et son groupe parlementaire entendent donc saisir, sans délai, l’Union interparlementaire (Uip), l’organisation mondiale des Parlements nationaux, à travers son Comité des droits de l’Homme, pour dénoncer « les graves violations des droits du député Farba Ngom ». Par ailleurs, il compte aussi saisir les Parlements de la Cedeao et de la Francophonie « pour les sensibiliser sur cette forfaiture », a fustigé Me Youm. Les avocats estiment que la procédure engagée contre Farba Ngom résulte d’une volonté de « purge » politique. Me Youm a rappelé que le député a été publiquement menacé dans son fief d’Agnam par le Premier ministre Ousmane Sonko et que certains partisans de ce dernier auraient ouvertement exprimé leur opposition à la présence de « milliardaires opposants » au Sénégal.
Selon le collectif, la demande de levée d’immunité émane du parquet financier, rattaché au ministère de la Justice, et non d’une institution judiciaire indépendante. Les avocats dénoncent une intrusion de l’exécutif dans le judiciaire, créant un précédent grave et une entorse à la séparation des pouvoirs.
Boudal NDIATH