Le Gabon se prépare à une élection présidentielle cruciale, prévue le 12 avril 2025. Huit candidats sont officiellement en lice, dont l’actuel président de la transition, le général Brice Oligui Nguema, arrivé au pouvoir après le coup d’État d’août 2023, et l’ex-Premier ministre Alain-Claude Bilie By Nze, considéré comme son principal adversaire.
Après examen des recours déposés, la Cour constitutionnelle a validé les candidatures de quatre autres postulants : Axel Stophène Ibinga Ibinga, Alain Simplice Boungoueres, Thierry Yvon Michel Ngoma et Zenaba Gninga Chaning, cette dernière étant la seule femme en lice. Ils rejoignent ainsi Joseph Lapensée Essingone, juriste et inspecteur des impôts, et Stéphane Germain Iloko Boussengui, médecin.
En revanche, le sénateur et syndicaliste Jean-Remy Yama a été écarté de la course, faute d’avoir fourni l’acte de naissance d’un de ses parents, une exigence imposée par le ministère de l’Intérieur. Une requête contestant la légitimité de certaines candidatures a également été rejetée par la justice.
Un scrutin sous haute surveillance
L’élection du 12 avril se tiendra dans un contexte particulier, moins d’un an après le coup d’État qui a renversé Ali Bongo et mis fin à 55 ans de pouvoir de la dynastie Bongo. Le général Oligui Nguema, qui avait promis de rétablir un régime civil au terme de la transition, a officialisé sa candidature en mars, affirmant répondre aux « appels du peuple et de l’Esprit Saint ».
Cette annonce intervient après une série de réformes, dont l’adoption d’une nouvelle constitution et un code électoral révisé, permettant notamment aux militaires de se présenter à des élections.
La campagne électorale débutera le 29 mars. Toutefois, le décret présidentiel fixant le scrutin ne précise pas encore la date d’un éventuel second tour, bien que la Constitution le prévoie en cas de ballotage.
La présidentielle d’août 2023, qui avait vu la participation de 19 candidats, s’était conclue par l’annonce de la victoire d’Ali Bongo avant que l’armée ne prenne le pouvoir en dénonçant un processus frauduleux. Ce putsch, mené sans effusion de sang, avait suscité des scènes de liesse dans les quartiers populaires de Libreville.
Depuis lors, l’ex-président Ali Bongo réside dans sa propriété privée de Libreville, tandis que son épouse Sylvia et son fils Noureddin sont en détention pour des accusations de malversations financières.
Le scrutin d’avril marquera donc une étape clé pour l’avenir politique du Gabon, où la population attend de voir si cette élection permettra un véritable retour à un pouvoir démocratique.
Boudal NDIATH