La Cour d’appel de Nouakchott a alourdi, ce mercredi 14 mai 2025, la peine de l’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, portant sa condamnation à 15 ans de réclusion criminelle ferme. Ce jugement vient renforcer la décision rendue en décembre 2023, où l’ancien chef d’État avait été initialement condamné à cinq ans de prison.
Le verdict, prononcé par le président de la chambre criminelle de la Cour d’appel, reconnaît Mohamed Ould Abdel Aziz coupable d’abus d’influence, de mauvaise utilisation de fonction et de dissimulation de revenus criminels. Il a été jugé en vertu de la loi 014/2016 relative à la lutte contre la corruption, un texte central dans l’arsenal juridique mauritanien contre l’enrichissement illicite.
Surnommée « l’affaire de la décennie », cette procédure judiciaire concerne des faits remontant à ses mandats présidentiels, entre 2008 et 2019. Elle a retenu une attention soutenue tant à l’intérieur du pays qu’à l’international, en raison de son caractère inédit et de sa portée symbolique dans la lutte contre l’impunité des élites politiques.
Le ministère public, dans ses réquisitions, avait demandé 20 ans de prison et la confiscation de tous les biens acquis de manière illicite. Pour de nombreux analystes et observateurs, ce procès d’appel représentait un véritable test de l’indépendance de la justice mauritanienne, et un moment clé dans la consolidation de l’État de droit en Mauritanie.
Boudal NDIATH