Le Cadre National des Services Climatologiques (CNSC), piloté par l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM), tire la sonnette d’alarme : la saison des pluies 2025 s’annonce marquée par des risques élevés d’événements pluviométriques extrêmes, notamment entre août et septembre. Une prévision qui appelle une mobilisation nationale, tant au niveau institutionnel que communautaire.
Lors d’un atelier organisé le 15 mai dernier à Dakar, les résultats des prévisions saisonnières ont été partagés avec les acteurs des secteurs stratégiques du pays. Sur la base de la configuration actuelle des températures de surface de la mer (TSM), qui influencent directement la pluviométrie au Sénégal, l’hivernage 2025 présente des tendances variables.
Une saison irrégulière avec des pics de pluies extrêmes
Selon le communiqué final issu de la rencontre, l’installation de la saison des pluies devrait être normale à précoce à l’Est, normale à tardive sur la façade Ouest, et globalement normale ailleurs.
Pour le cumul pluviométrique de juin à août (JJA), les prévisions indiquent une tendance normale à déficitaire sur l’Ouest, normale à humide à l’Est, et globalement normale sur le reste du pays. En revanche, la période de juillet à septembre (JAS) pourrait être critique, avec de fortes probabilités d’épisodes pluviométriques extrêmes, en particulier entre août et septembre.
Les écoulements dans les bassins fluviaux pourraient être moyens à excédentaires, selon les zones. Ces prévisions, établies en référence à la période 1990-2021, exigent une réponse proactive à tous les niveaux.
Des recommandations multisectorielles
Le CNSC a formulé une série de recommandations couvrant plusieurs domaines vitaux :
Gestion des risques de catastrophe
Il est proposé de recenser les populations vulnérables, identifier des sites de recasement, renforcer les dispositifs d’alerte, soutenir les examens scolaires et événements religieux affectés par la pluie, et mobiliser des moyens d’intervention rapides.
Agriculture et sécurité alimentaire
Il est recommandé de disposer à temps des intrants agricoles, adapter les choix variétaux, favoriser les cultures à double cycle, et suivre de près les zones à installation tardive de la saison. Des plans d’urgence pour les zones inondables doivent également être anticipés.
Élevage
La construction de réserves fourragères, le réensemencement des pâturages, et la surveillance sanitaire du bétail figurent parmi les mesures urgentes. Le renforcement des cultures fourragères et la lutte contre les herbes invasives non appétées sont également encouragés.
Santé
Face aux risques accrus de maladies hydriques et vectorielles, il est recommandé de distribuer précocement les moustiquaires imprégnées, renforcer les stocks de médicaments, soutenir les campagnes de prévention, et intégrer les acteurs de santé dans les dispositifs de veille climatique.
Ressources en eau
Les autorités sont appelées à ajuster les lâchers d’eau, nettoyer les canaux de drainage, maximiser les retenues collinaires, moderniser les infrastructures hydrauliques, et prévenir les inondations par une gestion intégrée des bassins versants. Des actions de sensibilisation aux pratiques durables sont également préconisées.
Un appel à l’action concertée
Ces prévisions appellent à une coordination urgente et efficiente des ministères sectoriels, collectivités locales, ONG, et communautés. Le CNSC insiste sur l’importance d’un partage régulier de l’information climatique, d’une communication ciblée, et d’une formation communautaire renforcée pour accroître la résilience.
L’hivernage 2025 s’annonce à la fois porteur de défis et d’opportunités. À l’État, aux techniciens et à la population de transformer l’alerte climatique en levier d’action anticipée, pour préserver les vies, les biens et les ressources du Sénégal.
Boudal NDIATH