L’affaire de diffamation entre Ousmane Sonko et Mame Mbaye Niang s’apprête à connaître un nouveau rebondissement. Selon les informations du journal L’Observateur dans son édition du samedi 21 juin, la Cour suprême du Sénégal a fixé au 1er juillet prochain l’examen du rabat d’arrêt introduit par les avocats de l’actuel Premier ministre.
Ce recours fait suite à la décision rendue par la Chambre pénale de la haute juridiction, qui avait confirmé la condamnation d’Ousmane Sonko à six mois de prison avec sursis, assortie d’une amende de 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts à verser à Mame Mbaye Niang. L’affaire trouve son origine dans des déclarations publiques de Sonko, qui affirmait détenir un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) compromettant l’ancien ministre de la Jeunesse dans la gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac).
Cette condamnation avait de lourdes conséquences politiques : elle avait notamment entraîné l’invalidation de la candidature de Sonko à l’élection présidentielle de février 2024. En réaction, il avait porté son choix sur Bassirou Diomaye Faye comme candidat de la coalition « Diomaye Président », une stratégie qui s’est révélée payante puisque ce dernier est aujourd’hui président de la République.
À l’audience prévue le 1er juillet, la Cour suprême devra se prononcer sur les arguments des avocats de Sonko, qui demandent l’annulation de l’arrêt de la Cour d’appel rendu le 8 mai dernier. Ils fondent leur requête sur plusieurs vices de procédure, dont l’absence de citation à comparaître, et avaient soulevé une exception d’inconstitutionnalité, appelant la Cour à se dessaisir au profit du Conseil constitutionnel. Malgré la position favorable de l’Avocat général, qui avait plaidé pour une cassation, la Cour suprême avait décidé de maintenir la condamnation.
Toujours selon L’Observateur, Mame Mbaye Niang ne sera pas présent à cette audience, se trouvant à l’étranger depuis l’arrivée au pouvoir du parti Pastef. Son absence ne devrait cependant pas empêcher la haute juridiction de trancher sur les points de droit soulevés par la défense du Premier ministre.
Ce nouveau développement judiciaire pourrait avoir des conséquences politiques et juridiques importantes, notamment sur l’image d’un pouvoir exécutif issu de cette même affaire. L’issue de l’audience du 1er juillet est donc très attendue.
Boudal NDIATH