Devant une foule de partisans réunie à Yopougon, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a vivement dénoncé, samedi 16 août, l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara à un quatrième mandat. Il accuse le chef de l’État d’agir sous influence étrangère, notamment celle de la France.
Un meeting aux allures de démonstration de force
Le président du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo, a organisé un important rassemblement populaire dans la commune de Yopougon, à Abidjan. Devant des milliers de sympathisants, il a pris la parole pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive autoritaire : la candidature annoncée d’Alassane Ouattara à un quatrième mandat présidentiel.
« Je refuse, je refuse, je refuse »
Dans un discours musclé, l’ancien chef de l’État a exprimé son rejet catégorique d’une nouvelle candidature du président sortant.
« Pourquoi quelqu’un va faire 4 mandats en Côte d’Ivoire ici ? Pourquoi ? Je refuse, je refuse, je refuse… Je voudrais que vous alliez lui dire qu’il ne fera pas de quatrième mandat »,
a-t-il lancé à la foule, sous des applaudissements nourris.
Des critiques virulentes contre l’Élysée
Laurent Gbagbo ne s’est pas arrêté à la politique intérieure. Il a vivement critiqué les relations entre Alassane Ouattara et la France, accusant ce dernier de prendre ses décisions les plus importantes depuis l’étranger.
« Le RHDP se réunit et demande au chef de l’État d’être son candidat. Mais le chef de l’État leur dit : ‘J’ai compris, je vais réfléchir’. Et il prend l’avion, il s’en va en France. Et quand il rentre à l’Élysée et qu’il sort de l’Élysée, il prend l’avion, il revient à Abidjan, et le lendemain, il nous dit : ‘je serai candidat’. Donc, c’est à l’Élysée qu’il réfléchit ? »
a-t-il ironisé.
Un appel à la souveraineté
Pour Gbagbo, cette séquence symbolise une perte d’autonomie politique du pays vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale.
« Je n’accepte pas ça. La Côte d’Ivoire n’est pas dépendante de l’Élysée. Je n’accepte pas qu’on joue de façon si caricaturale avec notre indépendance »,
a martelé le fondateur du PPA-CI.
Boudal NDIATH