Un rapport interne transmis au directeur général d’Air Sénégal, Tidiane Ndiaye, met en lumière des irrégularités graves dans la gestion des billets et la collecte des recettes, révélant un manque à gagner estimé à plus de 40 millions de francs CFA.
Selon le journal L’Observateur, l’audit en question, réalisé par les services internes de contrôle, a d’abord couvert la période de janvier à septembre 2024. Ce premier rapport avait identifié 18 agents impliqués dans des pratiques jugées douteuses. Treize d’entre eux ont reconnu les faits et ont opté pour un règlement à l’amiable, s’engageant à rembourser un total de 19,429 millions de francs CFA.
En revanche, cinq autres employés, dont deux délégués du personnel, ont catégoriquement contesté les accusations et refusé de s’acquitter des 8 millions de francs qui leur sont réclamés.
Un préjudice qui dépasse les 40 millions de francs CFA
Face à la gravité des soupçons, l’audit a été étendu aux exercices 2022 et 2023. Les résultats sont encore plus alarmants : le préjudice global a été revu à la hausse, atteignant 40,614 millions de francs CFA. Les enquêteurs dénoncent des pratiques récurrentes et irrégulières, notamment la non-perception de pénalités prévues, la manipulation des données de réservation et des modifications manuelles de codes et de montants dans le système de billetterie.
Un réseau interne bien structuré ?
Les auditeurs soupçonnent l’existence d’un réseau structuré à l’intérieur même de la compagnie, organisé autour d’agents capables de contourner les systèmes de sécurité. Ce groupe aurait opéré sans se douter que, depuis 2021, Air Sénégal a intégré la plateforme Amadeus, un outil international de gestion et de traçabilité des ventes. Toutes les manipulations effectuées sont ainsi enregistrées et potentiellement retraçables.
Des recommandations fermes
Dans leurs conclusions, les auditeurs appellent la direction générale à prendre des mesures fermes pour mettre fin à ces pratiques, renforcer le système de contrôle interne, et sécuriser davantage les opérations de billetterie et de recettes.
Ce scandale survient dans un contexte de grande fragilité financière pour la compagnie nationale, souvent pointée du doigt pour sa gestion opaque et ses performances commerciales en dents de scie. L’opinion publique attend désormais les réactions officielles de la direction générale, ainsi que d’éventuelles suites judiciaires à cette affaire.
Boudal NDIATH