À l’occasion de la rentrée scolaire, le G7, qui regroupe les principaux syndicats de l’enseignement au Sénégal, a déclenché une nouvelle phase de mobilisation. À travers l’opération “Octobre rouge”, les enseignants entendent dénoncer le non-respect des engagements pris par le gouvernement, tout en réaffirmant leur attachement à une école de qualité, équitable et stable.
Brassards rouges et avertissement clair
Depuis le 8 octobre, les enseignants des écoles publiques ont repris les cours avec des brassards rouges au bras. Ce geste symbolique marque le début d’un mois de protestation, baptisé “Octobre rouge”, initié par le G7. À travers cette action, les syndicats souhaitent alerter l’opinion publique et les autorités sur le retard pris dans la mise en œuvre de plusieurs engagements convenus avec l’État.
Le port du brassard rouge, selon les responsables syndicaux, est une alerte et non une confrontation. Il vise à inciter le gouvernement à respecter ses promesses, notamment la signature des décrets relatifs à la révision du statut des décisionnaires, la poursuite normale de la Formation diplômante universelle (FDU), ainsi que la fin de la surimposition des rappels de salaires.
Une conférence de presse pour hausser le ton
Le G7 prévoit une conférence de presse le 10 octobre pour présenter en détail le plan d’actions prévu au cours de ce mois de mobilisation. Il s’agit d’un agenda d’interpellation progressif, dans le but d’obtenir des avancées concrètes avant la fin du mois.
Dans un communiqué rendu public, les syndicats affirment que le choix de la protestation est né de la frustration engendrée par le silence du gouvernement, malgré de nombreuses tentatives de dialogue et de concertation. Ils appellent l’ensemble des enseignants à rester vigilants, solidaires et mobilisés pour faire entendre leurs revendications.
Des promesses, mais peu de résultats sur le terrain
Le G7 reconnaît les annonces faites par les autorités lors du Conseil interministériel du 3 octobre 2025, notamment sur la formation d’un capital humain apte à accompagner les grandes transformations sociales. Mais pour les syndicats, ces intentions ne suffisent pas si elles ne sont pas accompagnées d’une réelle volonté politique et d’un plan d’exécution transparent.
Ils insistent sur la nécessité de créer les conditions d’une école performante et inclusive, en misant sur une gouvernance efficiente, un climat social serein, un environnement scolaire propice à l’apprentissage, des équipements adéquats, ainsi qu’un personnel enseignant en nombre suffisant, correctement formé et motivé.
Une école de la réussite, conditionnée par le respect des engagements
En lançant l’opération “Octobre rouge”, le G7 veut placer la question de l’éducation au cœur des priorités nationales. Pour les syndicats, la réussite du système éducatif passe d’abord par le respect des enseignants et de leurs droits.
Ils rappellent que la qualité de l’éducation repose aussi sur la stabilité du cadre de travail et la reconnaissance du rôle fondamental des enseignants dans la construction de la nation. À travers cette mobilisation, ils entendent rappeler au gouvernement que l’école sénégalaise ne pourra avancer que dans un climat de confiance et de respect mutuel.
Boudal NDIATH