L’ambassade des États-Unis à Bamako a exhorté, mardi 28 octobre 2025, ses ressortissants à quitter immédiatement le Mali en raison de la dégradation rapide de la situation sécuritaire. Dans un communiqué, elle évoque un contexte marqué par un blocus djihadiste sur le carburant, entraînant une pénurie généralisée, la fermeture des écoles et universités, et une inquiétante instabilité autour de la capitale.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaida, mène depuis septembre des attaques contre les camions-citernes de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, provoquant un ralentissement économique et une asphyxie logistique du pays. Le JNIM justifie ce blocus par les mesures gouvernementales interdisant la vente informelle de carburant, jugées hostiles à leurs réseaux d’approvisionnement.
Malgré les escortes militaires, plusieurs convois ont été incendiés ou pris pour cibles, faisant des morts et des enlèvements parmi les chauffeurs et les soldats.
La junte militaire, au pouvoir depuis les coups d’État de 2020 et 2021, peine à endiguer la menace djihadiste. Ces dernières semaines, le général Assimi Goïta a procédé à un vaste remaniement au sein de l’armée, limogeant plusieurs hauts responsables pour « insuffisance de résultats ».
Cette crise s’inscrit dans une détérioration sécuritaire et économique chronique que connaît le Mali depuis 2012, alors que les groupes armés affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique poursuivent leurs offensives dans plusieurs régions, menaçant désormais directement la capitale Bamako.
Boudal NDIATH