Les Forces vives de Guinée, coalition regroupant des partis politiques, syndicats et organisations de la société civile, ont vivement réagi ce lundi à l’annonce de la candidature du général Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Dans une déclaration rendue publique, elles accusent le chef de la transition d’avoir trahi ses engagements et parlent d’un « parjure historique ».
Pour la coalition, l’annonce du chef de la junte constitue « un tournant funeste » pour la Guinée. « Le peuple de Guinée vient d’assister, sans surprise mais avec une profonde consternation, à l’officialisation du parjure de Mamadi Doumbouya », écrivent-elles, jugeant que celui qui s’était présenté comme « restaurateur de la démocratie » est désormais devenu son « fossoyeur ».
Un bilan sévère dressé contre le régime de transition
Dans leur communiqué, les Forces vives dressent un réquisitoire sévère contre la gouvernance de la transition, évoquant « des violations massives des droits de l’homme, l’instrumentalisation de la justice, la corruption endémique et des restrictions drastiques des libertés publiques ».
Elles rappellent notamment « l’assassinat impuni de plus de 60 jeunes manifestants, des disparitions forcées, des morts suspectes en détention et des actes de torture » sous l’autorité du régime militaire.
Appel à la mobilisation populaire
Face à ce qu’elles considèrent comme une volonté de « détruire les acquis démocratiques », les Forces vives rejettent fermement la candidature de Mamadi Doumbouya et appellent à une mobilisation nationale.
« Mobilisons-nous massivement, dans la dignité et la détermination, pour contrecarrer, par tous les moyens, la volonté de Mamadi Doumbouya », concluent-elles.
La réaction du camp présidentiel n’était pas encore disponible ce lundi en milieu d’après-midi.
Boudal NDIATH