La planification familiale demeure un pilier fondamental des politiques de santé publique et de développement social. Dans une déclaration officielle, la directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Mme Diène Keita, rappelle le rôle crucial de la contraception dans la survie et l’épanouissement des femmes, des adolescentes et des communautés à travers le monde.
Depuis des décennies, partout dans le monde, la contraception a été et reste jusqu’à présent, un outil stratégique de protection de la santé maternelle et de promotion des droits reproductifs. Elle permet aux femmes d’espacer les naissances de leurs enfants, de mener leurs activités notamment commerciales, de poursuivre leurs études, d’accéder à l’emploi et de réaliser pleinement leur potentiel. Selon Mme Keita, les bénéfices sont « irréfutables » sur le plan sanitaire, social et économique, les enfants des mères ayant accès à la contraception étant également plus susceptibles de naître et de grandir en bonne santé.
Outre ses impacts individuels et sociétaux, la planification familiale représente un investissement économique particulièrement rentable. Les analyses démontrent qu’un dollar investi pour satisfaire les besoins non couverts en contraception génère près de 27 dollars de bénéfices économiques, notamment par la réduction des coûts liés aux complications obstétricales, aux avortements à risque et aux décès maternels.
Cependant, cette dynamique reste fragilisée à cause d’une diminution des financements internationaux. En effet, l’UNFPA observe une diminution alarmante des stocks de contraceptifs dans plusieurs pays dépendant de l’aide mondiale pour leurs programmes de santé reproductive. Cette situation menace de provoquer une augmentation des grossesses non désirées, avec des répercussions directes sur la mortalité maternelle, la scolarisation des adolescentes, les opportunités économiques des femmes et la vulnérabilité face aux violences basées sur le genre.
Face à ces défis, Mme Keita souligne la nécessité absolue de protéger les infrastructures d’approvisionnement et les investissements réalisés depuis des décennies pour garantir un accès équitable à des produits contraceptifs sûrs, de qualité et abordables. Ces efforts, estime-t-elle, ont permis de « transformer et sauver la vie de millions de personnes » et doivent être renforcés afin de préserver les acquis.
L’UNFPA appelle ainsi les gouvernements, les partenaires techniques et financiers, ainsi que la société civile, à renouveler leur engagement en faveur des droits reproductifs et de l’autonomie corporelle des femmes et des adolescentes. La directrice exécutive insiste sur l’urgence d’agir collectivement pour respecter les engagements internationaux et garantir à chaque femme, quel que soit son lieu de résidence, la possibilité de planifier son avenir dans la dignité et la sécurité.
L’accès universel à la contraception ne constitue pas seulement un impératif sanitaire. Il s’agit également d’un levier de justice sociale, de stabilité économique et de prospérité durable. Comme le souligne Mme Keita, « travailler ensemble pour garantir ces droits revient à bâtir des sociétés plus justes, plus saines et plus résilientes ».
Mbagnick DIOUF