À la veille du congrès de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), prévu ce week-end, le secrétaire général Mody Guiro a répondu sans détour à ceux qui réclament une alternance générationnelle à la tête de la centrale syndicale qu’il dirige depuis plusieurs décennies.
Dans un entretien accordé au journal Le Soleil, le patron de la CNTS a tenu à remettre les pendules à l’heure.« Je rappelle que les non membres n’ont aucune légitimité à s’immiscer dans les affaires de notre confédération. Ces détracteurs qui souhaitent l’effondrement de notre centrale leader devraient laisser la prérogative de décision aux seuls militants cotisants », a-t-il lancé, visiblement agacé.
Une réponse sèche adressée à ceux qui, en dehors du mouvement, appellent à un renouvellement des dirigeants syndicaux. Pour Mody Guiro, seule la base militante a voix au chapitre.
« C’est le fondement même de la démocratie syndicale : permettre aux adhérents de faire leur choix en toute liberté et sans influence, puis respecter ce choix », a-t-il insisté.
Toutefois, le leader syndical n’élude pas totalement la question du renouvellement. Dans un ton plus conciliant, il promet d’y revenir devant ses mandants au congrès.
« J’aborderai cette question dans mes conclusions. Pour garantir sa force et sa pérennité, un syndicat ne peut se limiter à un cercle restreint d’initiés ; il doit impérativement s’ouvrir, se renouveler et intégrer la jeunesse », a-t-il concédé.
Entre fermeté et ouverture, Mody Guiro tente ainsi de garder le cap à la tête d’une CNTS souvent critiquée pour son manque de dynamisme et son absence de relève assumée. Le congrès de ce week-end dira si la centrale choisit la continuité… ou le changement.
Boudal NDIATH