Le Sénégal a chuté face à un Brésil très inspiré, samedi à Londres, concédant sa première défaite de l’ère Pape Thiaw (0-2). Dans un Emirates Stadium acquis à la cause de la Seleção, les Lions ont été dominés dans l’intensité, la justesse technique et la gestion des temps faibles. À un mois de la CAN, ce revers sonne comme un avertissement clair : le chemin vers la perfection est encore long.
Un Sénégal vite débordé par le rythme brésilien
Le premier quart d’heure avait pourtant laissé entrevoir quelques intentions sénégalaises, avec un pressing haut et une volonté d’aller provoquer. Mais cette envie s’est rapidement heurtée à la maîtrise des hommes de Carlo Ancelotti, impeccables dans l’utilisation du ballon et agressifs dans les duels.
Peu à peu, les Lions ont été étouffés.
À force de subir, l’erreur est arrivée : une mauvaise relance, un ballon mal négocié, et Estevão n’a eu qu’à profiter de la situation pour ouvrir le score. Quelques minutes plus tard, c’est Casemiro qui s’est montré plus prompt que toute la défense sénégalaise, doublant la mise et plongeant les Lions dans le doute.
Cette première période, complètement maîtrisée par le Brésil, a mis en lumière un Sénégal en difficulté dans tous les compartiments : transitions lentes, pertes de balle évitables, manque de communication défensive, et une incapacité à tenir le ballon sous pression.
Manque d’idées, manque de leaders
Même au retour des vestiaires, lorsque le rythme a légèrement baissé, les Lions n’ont jamais réussi à faire douter leur adversaire. L’équipe a manqué de liant, de créativité et de prise d’initiative. Seuls quelques éclairs de Pape Gueye et quelques accélérations d’Ismaïla Sarr ont permis d’entrevoir des intentions offensives.
Les latéraux ont peiné à exister, notamment dans l’apport offensif, laissant les ailiers trop isolés. Le milieu, pourtant construit pour densifier la zone axiale, n’a pas réussi à contrôler les courses brésiliennes ni à mettre de la verticalité dans le jeu.
Quant à l’attaque, elle a souffert d’un véritable manque de présence dans la surface.
L’absence de Krépin Diatta s’est faite sentir
Sans Krépin Diatta, les Lions ont perdu un joueur capable de casser les lignes, de porter le ballon sur de longues distances et d’apporter de la précision sur les coups de pied arrêtés. Les corners et coups francs, souvent mal exécutés, ont illustré ce manque de variété et de qualité technique.
Le choix d’aligner Sadio Mané en faux neuf n’a pas apporté les retombées espérées. L’absence d’un avant-centre de métier — qu’il s’agisse de Nicolas Jackson, Boulaye Dia ou Chérif Ndiaye — a pesé lourd sur la capacité du Sénégal à conserver le ballon haut et à peser dans les duels.
Une défaite qui arrive peut-être au bon moment
Depuis plusieurs mois, les Lions enchaînaient les performances solides et les résultats positifs. Mais cette série s’est brutalement interrompue à Londres. Pour la première fois depuis 26 matchs dans le temps réglementaire, le Sénégal a été cueilli, mis en difficulté et dépassé dans les fondamentaux.
Ce revers, même amer, peut toutefois avoir des vertus. À l’approche de la CAN au Maroc, où le Sénégal fera partie des grands favoris aux côtés du pays hôte et de la Côte d’Ivoire, cette défaite rappelle une évidence : rien n’est acquis. Les automatismes doivent être consolidés, l’intensité doit être constante, et les choix offensifs doivent être mieux calibrés.
Boudal NDIATH