L’Alliance Nationale des Communautés pour la Santé (ANCS) a tenu ce samedi sa 13ᵉ Assemblée générale ordinaire et extraordinaire à la salle de conférence du stade Léopold Sédar Senghor. Plus de 200 délégués d’ONG, d’associations communautaires et de partenaires institutionnels ont répondu présents pour dresser le bilan des trois dernières années (2022–2024) et définir les grandes orientations futures.
Il était beaucoup question de la réponse communautaire face aux crises successives, la nécessité d’un financement durable et l’ambition de consolider le rôle stratégique de l’ANCS dans la promotion de la santé au Sénégal. Dans son allocution, devant les acteurs réunis, Mme Rokhaya Nguer, présidente du Conseil d’administration de l’ANCS, a salué les performances enregistrées par l’organisation malgré un contexte marqué par des restrictions budgétaires et des défis institutionnels. « C’est un bilan très positif en termes d’atteinte de nos objectifs. L’ANCS a été notée A par le Fonds mondial, la meilleure note possible, qui atteste de notre performance, de la qualité de nos interventions et de notre capacité à absorber et justifier les ressources allouées », a-t-elle déclaré. Un résultat d’autant plus remarquable que les trois années écoulées ont été « loin d’être faciles ». Réduction des financements, notamment avec les coupes dans les programmes de l’USAID, difficultés de mobilisation du personnel, raréfaction des ressources : autant de défis transformés en opportunités par l’ANCS. « Ces défis nous ont amenés à repenser notre modèle économique, à réfléchir à la mobilisation de ressources endogènes et à renforcer notre plaidoyer pour que l’ANCS soit reconnue comme organisation d’utilité publique », avant d’ajouter : « Cette reconnaissance permettra de pérenniser nos acquis et de mieux servir nos communautés. » La présidente s’est dit confiante quant à l’aboutissement de ce plaidoyer, révélant que des instructions « séance tenante » ont été données par les autorités pour suivre le dossier.
En clôturant son allocution, En clôturant, Mme Nguer a rappelé les ambitions futures de l’ANCS qui sont : de renforcer les programmes communautaires de santé, de poursuivre les actions dans le cadre du cycle JC8 du Fonds mondial, de moderniser les interventions grâce à des mécanismes innovants de financement et de suivi et de continuer à servir avec efficacité les communautés les plus vulnérables.
Pour sa part, le représentant le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le Secrétaire général dudit ministère, M. Serigne Mbaye, a livré un message ferme de soutien, saluant le rôle déterminant de l’ANCS dans la mise en œuvre des politiques de santé communautaire. « L’ANCS est un exemple. Son fonctionnement régulier, sa transparence et son approche alignée sur les nouvelles orientations vers une santé préventive en font un partenaire stratégique du gouvernement », a affirmé M. Mbaye. Il a aussi rappelé le rôle central du réseau communautaire dans la lutte contre les grandes menaces sanitaires : VIH, Ebola, COVID-19, et plus récemment les épidémies émergentes amplifiées par les changements climatiques. Selon lui, les trois dernières années, qualifiées de «complexité rare», ont mis en évidence l’importance d’une réponse sanitaire robuste, agile et de proximité. Un rôle que l’ANCS incarne pleinement. « Nous avons bien senti les résultats, les objectifs poursuivis et la qualité du travail mené. Le gouvernement marchera toujours aux côtés de l’ANCS », a-t-il assuré, avant de s’engager publiquement à accompagner la demande de reconnaissance d’utilité publique portée par l’organisation.
L’Assemblée générale a également été l’occasion de reconnaître l’engagement exemplaire de plusieurs acteurs communautaires, un geste salué par le représentant de l’État.
Cette 13ᵉ Assemblée générale aura ainsi confirmé la place stratégique de l’ANCS dans la riposte sanitaire nationale. Entre résilience, gouvernance rigoureuse, mobilisation communautaire et partenariat renforcé avec les autorités, l’organisation se projette vers un avenir où les communautés continueront de jouer un rôle central dans la surveillance, la prévention et la promotion de la santé au Sénégal.
Mbagnick DIOUF