La traque aura duré des années, mais c’est sur le sol sénégalais qu’elle a pris fin. Sanna Manjang, l’un des assassins présumés du journaliste Deyda Hydara, a été interpellé samedi 29 novembre en Casamance. Comme le rapportent RFI et l’AFP dans une dépêche publiée samedi soir, cette arrestation est le fruit d’une « opération sécuritaire conjointe » entre les services gambiens et sénégalais.
Selon les détails fournis par le ministère gambien de l’Information et relayés par les médias français, l’ex-membre des escadrons de la mort a été appréhendé « tôt samedi 29 novembre » dans la région sud du Sénégal. Les autorités de Banjul ont précisé, via le communiqué cité par RFI, que « les dispositions sont en train d’être prises pour son rapatriement en Gambie ».
Cette capture met en lumière le rôle central du Sénégal dans la sécurisation de la région et la lutte contre l’impunité des crimes commis sous l’ère Jammeh. Sanna Manjang est en effet identifié comme un membre clé des « Junglers », cette unité paramilitaire accusée d’avoir exécuté les basses œuvres de l’ancien dictateur.
L’arrestation de Manjang résonne particulièrement pour la liberté de la presse en Afrique de l’Ouest. Il est accusé d’avoir participé à l’assassinat, le 16 décembre 2004, de Deyda Hydara, figure emblématique du journalisme gambien, cofondateur du quotidien The Point et correspondant de l’AFP. Comme le rappelle l’article de RFI, ce crime reste l’un des symboles les plus marquants de la brutalité du régime de Yahya Jammeh
Boudal NDIATH