Face à l’épidémie de Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) qui a touché plusieurs zones du Sénégal, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a joué un rôle clé dans la coordination, la prise en charge et la prévention. Dr Hilde F. Okou-Bisso, Incident Manager OMS pour la riposte, revient sur les actions menées et les enseignements à tirer pour mieux anticiper les futures urgences sanitaires.
Quelle a été la contribution de l’OMS dans la riposte nationale contre la Fièvre de la Vallée du Rift ?
L’OMS a appuyé la réponse nationale à plusieurs niveaux. Nous avons assuré une coordination technique étroite avec les autorités sanitaires, participé aux instances de gestion de l’épidémie et conduit des missions conjointes sur le terrain. Nous avons également renforcé la surveillance épidémiologique à travers l’analyse quotidienne des données, la production de bulletins et la formation du personnel de santé sur la détection et la prise en charge des cas.
Quelles zones et quelles approches ont été privilégiées dans cette riposte ?
La Fièvre de la Vallée du Rift étant une zoonose, nous avons adopté une approche multisectorielle, dite « Une seule santé », impliquant les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale. L’accent a été mis sur la coordination entre ces secteurs, la surveillance collaborative, la prise en charge des cas, la prévention et le contrôle des infections ainsi que la communication avec les communautés.
La communication et l’engagement communautaire ont-ils été déterminants dans cette réponse ?
Absolument. Une riposte efficace passe par l’engagement des communautés. L’OMS a appuyé le ministère de la Santé dans l’identification des groupes à risque, l’élaboration et la diffusion de messages de sensibilisation en langues locales, l’organisation de caravanes communautaires et le renforcement des capacités des leaders communautaires et religieux. Ces actions ont permis d’adapter les messages aux réalités socioculturelles et de réduire les comportements à risque.
Quel appui matériel l’OMS a-t-elle apporté sur le terrain ?
L’OMS a fourni un appui logistique et médical important. Plus de 850 kg de matériel ont été livrés au Centre des opérations d’urgences sanitaires pour la prise en charge de milliers de patients. Nous avons également remis trois ambulances médicalisées, plusieurs tonnes d’équipements essentiels, ainsi que des médicaments pour le traitement des formes simples et sévères de la maladie.
Quelles sont les prochaines étapes et quels messages adressez-vous aux autorités ?
La situation épidémiologique évolue favorablement, mais la vigilance reste de mise. Il est essentiel de maintenir la surveillance dans les zones à risque et de renforcer la préparation dans les régions non touchées. Au-delà de cette épidémie, nous devons capitaliser sur les leçons apprises pour mieux anticiper les futures urgences sanitaires. L’OMS réaffirme son engagement à accompagner durablement le ministère de la Santé et le gouvernement du Sénégal dans le renforcement de la préparation et de la réponse aux épidémies.
Propos recueillis par Mbagnick DIOUF